Les Baux-de-Provence : 264 habitants pour un million et demi de visiteurs, le village le plus visité de France

À 200 mètres au-dessus de la plaine, une forteresse éventrée tient encore debout sur un éperon rocheux. 22 habitants vivent dans les murs du village. Un million et demi de visiteurs y montent chaque année.

Les Baux-de-Provence n'ont rien d'une carte postale muette. Le vent s'y frotte à la pierre claire, les ruelles y descendent vers des panoramas ouverts sur la plaine, et le nom même du village a voyagé plus loin que ses murailles. C'est ici, dans les Alpilles, que la bauxite a été identifiée pour la première fois.

Le minerai d'aluminium tire son nom de ce rocher provençal.

79 villes sous la même bannière, du XIe au XIIIe siècle

Au Moyen Âge, les princes des Baux dirigent un domaine qui ne ressemble à rien de ce qu'on imagine aujourd'hui. 79 villes et villages des alentours leur répondent. La forteresse, construite du XIe au XIIIe siècle sur sept hectares, sert à la fois de capitale militaire, de cour cultivée, de siège d'une famille qui prétend descendre du roi mage Balthazar.

Les armes des Baux arborent une étoile à seize branches, en mémoire de celle qui guida les mages. La devise de la maison dit tout: « Au hasard, Balthazar. »

Au XIIe siècle, les guerres baussenques (1142-1162) obligent les princes à se soumettre aux comtes de Provence de la dynastie de Barcelone. Le domaine survit jusqu'au XVe siècle. En 1631, las de servir de « retraite aux factieux », les habitants négocient avec la couronne le droit de démanteler les fortifications.

Louis XIII y consent.

22 habitants dans les murs, 1,5 million de visiteurs dans les ruelles

Le village ne se visite pas comme on visite un musée. Il s'arpente, se perd, se retrouve. L'église Saint-Vincent, les chapelles, le Musée Yves Brayer installé dans l'Hôtel de Porcelet, les boutiques d'art et les ateliers des santons se succèdent dans un dédale de pierre que 264 habitants, dont 22 vivent encore dans l'enceinte haute, partagent chaque jour avec un flot continu de visiteurs.

Le contraste ne tient pas seulement aux chiffres. Il se voit, se ressent. Sur le plateau des Alpilles, à l'entrée du Val d'Enfer et de ses roches sculptées par l'érosion, l'ancien site d'extraction attend les promeneurs.

À 400 mètres du village, les Carrières de Lumières transforment d'anciennes carrières en spectacle d'art projeté sur la pierre. La lumière provençale fait le reste.

Faut-il payer le château des Baux ?

Le château est ouvert toute l'année, et son panorama sur les Alpilles, la Camargue et la plaine d'Arles justifie la montée. Le parking à l'entrée du village est payant; la suite de la visite se fait à pied, dans les ruelles pavées qui ne laissent passer aucune voiture.

Quand venir sans croiser la foule ?

De mai à septembre, en semaine ou tôt le matin. Les Alpilles supportent mal l'affluence d'août, et les ruelles étroites transforment chaque week-end de juillet en goulot. Hors saison, la lumière reste celle de la Provence, mais les passages sont plus faciles.

Comment y accéder depuis Arles, Aix ou Avignon

Le village se trouve à 16 km au sud-ouest d'Arles, 8 km au nord de Saint-Rémy-de-Provence, et 2 km au nord de Maussane-les-Alpilles. La gare d'Arles est à 17 km à l'ouest, celle d'Avignon TGV à 28 km au nord. L'aéroport d'Avignon-Provence est à une trentaine de kilomètres; celui de Marseille-Provence plus au sud.

L'autoroute A7 (sortie 25) et la route départementale 99 desservent la commune; l'A54 (sortie 12) arrive par le sud.

Pour qui cherche un site emblématique de la Provence sans renoncer à la marche, Les Baux restent une étape dense: un rocher, une forteresse, 22 résidents et un nom de minerai qui a fait le tour du monde.