À 700 km entre le fleuve Niger et l’Atlantique, ce pays a gardé deux capitales distinctes depuis 1960
Les avions se posent à Cotonou face à l’océan Atlantique, dans un air chargé d’humidité et de sel. Porto-Novo garde pourtant le titre de capitale sur le papier. Depuis l’indépendance, en 1960, le Bénin vit avec cette double adresse, sans jamais avoir tranché.
Plus de 14,8 millions d’habitants composent aujourd’hui avec cette étrangeté administrative.
Porto-Novo signe les lois, Cotonou fait tourner le pays
Le Bénin fonctionne avec deux têtes depuis son indépendance, le 1er août 1960. Porto-Novo reste la capitale constitutionnelle: l’Assemblée nationale y siège, la Cour suprême y rend ses arrêts. Mais la présidence, les ministères et les ambassades se trouvent tous à Cotonou.
Un chef d’État qui gouverne depuis une ville. Des lois votées dans une autre. Le pays vit avec ce dédoublement sans que personne ne semble pressé de le corriger.
Laquelle est la vraie capitale du Bénin ?
Les deux, selon ce qu’on cherche. Porto-Novo porte le titre constitutionnel et abrite le pouvoir législatif et judiciaire. Cotonou concentre l’exécutif, l’économie et la diplomatie, ce qui en fait, dans les faits, la ville qui dirige vraiment.
Un pays qui a changé trois fois de nom sans jamais changer de capitale
En 1960, le nouvel État indépendant s’appelle république du Dahomey. Il faut attendre 1975, sous la présidence de Mathieu Kérékou, pour voir apparaître le nom de république populaire du Bénin. Après la transition démocratique de 1990, le pays devient simplement la république du Bénin.
Le nom a changé trois fois. Porto-Novo et Cotonou, elles, n’ont jamais bougé de leurs rôles respectifs.
Le Bénin s’appelait-il déjà ainsi en 1960 ?
Non. Le pays a pris son indépendance sous le nom de république du Dahomey. Le nom de Bénin n’apparaît que quinze ans plus tard, en 1975, bien après que le partage des pouvoirs entre les deux villes s’est installé.
Cotonou, porte d’entrée: entre harmattan et mousson
Entre le fleuve Niger au nord et l’océan au sud, le pays s’étire sur 700 kilomètres. Les savanes de l’Atacora y grimpent jusqu’au mont Sokbaro, à 800 mètres, avant de retomber vers la plaine côtière où l’altitude ne dépasse jamais dix mètres. Le Bénin partage ses frontières avec le Togo, le Nigeria, le Niger et le Burkina Faso.
Le voyageur qui rejoint le Bénin atterrit le plus souvent à Cotonou, principal point d’entrée aérien international du pays. Mieux vaut éviter la mousson, qui souffle d’avril à novembre depuis l’océan et charge l’air d’humidité. La saison sèche de l’harmattan, de novembre à mai, apporte un vent plus frais venu du Sahel et une poussière ocre qui voile parfois l’horizon.
À Porto-Novo, la Cour suprême rend ses arrêts dans le calme des plaines du sud. À Cotonou, les avions continuent d’atterrir face à l’Atlantique, et c’est là que tout se joue vraiment.