Créé pour l’hydroélectricité, ce lac des Ardennes est devenu une escale nautique

Le Lac des Vieilles Forges s’ouvre entre les arbres, avec une rive où l’on vient chercher l’eau, l’ombre et le mouvement discret des voiles. L’été, la baignade et les activités nautiques changent ce paysage ardennais en halte de plein air. Mais sous la surface, le lac garde une fonction beaucoup moins visible.

Ce plan d’eau a été créé pour retenir l’eau et participer à la production électrique de la centrale hydroélectrique de Revin Saint-Nicolas. Vous pouvez y passer une après-midi de loisirs sans oublier cette histoire industrielle: elle donne au lieu sa vraie singularité.

1927 puis 1949: le barrage qui a dessiné le Lac des Vieilles Forges

Le Lac des Vieilles Forges était d’abord un étang sur le cours de la Faux. La construction d’un barrage, en 1927, crée le lac de retenue; son agrandissement, en 1949, lui donne son niveau actuel. L’eau n’est donc pas là par hasard.

Elle sert principalement à alimenter les bassins de Whitaker et des Marquisades, liés à la centrale hydroélectrique de Revin Saint-Nicolas. Lorsque la demande d’électricité baisse, la centrale remplit ces réservoirs par pompage; quand elle augmente, l’eau est utilisée pour produire. Ce mécanisme mérite d’être gardé en tête au bord de l’eau.

Le lac occupe le fond d’un vallon et reçoit l’eau de ruisseaux ainsi que de sources. Cette origine explique son allure retenue, presque enveloppée par les bois, loin de l’image d’un grand plan d’eau ouvert sur des rives urbaines. Ici, la forêt ferme l’horizon.

Près de 12 km de berges pour passer du barrage à la base de loisirs

Autour du lac, près de 12 km de berges dessinent une longue lisière entre eau et forêt. Une boucle d’environ 11 km permet aussi d’en faire le tour à pied ou à vélo. Vous n’avez pas besoin de choisir entre regarder le lac et le parcourir.

La promenade change d’allure selon l’endroit: une rive laisse voir les activités, une autre ramène au calme des arbres et des prairies. Le meilleur choix reste de prendre son temps, car ce lac se comprend mieux en avançant le long de ses contours qu’en restant sur une seule plage.

Une base de loisirs occupe les berges, avec une plage accessible et un club de voile. Voile, canoë, kayak, aviron et pêche font partie des usages du lac. Le motonautisme y est interdit.

C’est une bonne nouvelle pour ceux qui viennent d’abord écouter l’eau et le vent.

Peut-on se baigner au Lac des Vieilles Forges ?

Oui, une plage est accessible au bord du lac et la baignade fait partie des usages estivaux du site. Vous trouverez aussi des activités nautiques sur place, mais l’été reste le moment le plus cohérent pour associer la rive, l’eau et les loisirs. La fraîcheur y devient alors le programme.

Harcy, Renwez et Les Mazures: trois communes au bord de la même eau

Le Lac des Vieilles Forges se trouve dans les Ardennes, sur les communes de Harcy, Renwez et Les Mazures, près de Charleville-Mézières. Il appartient au Parc naturel régional des Ardennes. Cette localisation compte: vous arrivez dans un paysage forestier, pas dans une station construite autour d’une marina.

Le lac mesure environ trois kilomètres de long et peut atteindre environ cinq cents mètres de large. Ces dimensions suffisent à laisser de la place aux embarcations et aux rives plus tranquilles. Le regard porte loin, mais les arbres reprennent vite la scène.

Pour une escale réussie, visez l’été et laissez une partie de la journée aux berges. Vous pouvez alterner baignade, marche et observation des voiles sans chercher à tout remplir. Le lac récompense surtout les visiteurs qui acceptent son rythme lent.

Peut-on pratiquer des sports nautiques sans moteur ?

Oui. Le lac accueille la voile, le canoë, le kayak et l’aviron, tandis que le motonautisme est interdit. Vous y trouverez donc une ambiance plus adaptée aux embarcations légères qu’aux engins bruyants.

Les voiles blanches suffisent largement au décor.

Le Lac des Vieilles Forges reste un ouvrage hydraulique, mais ses rives racontent aujourd’hui autre chose: des baigneurs, des marcheurs et des bateaux sans moteur. Sous les feuillages, l’eau conserve pourtant sa mémoire de barrage.