Ce village de 300 âmes garde 11 chapelles que même Valmorel ignore
Dans la vallée des Villards, à mi-pente du col du Glandon, la route RD 927 serpente entre les hameaux de pierre dorée. Saint-Colomban-des-Villards dévoile ses 300 âmes réparties sur 22,4 km². Ici, chaque hameau possède sa chapelle. Onze au total, certaines datant de 1598, quand les colons burgondes s'installaient dans cette vallée savoyarde.
Un village qui cache plus de lieux de culte que certaines villes de 10 000 habitants. À 2 heures de Lyon, loin des foules de Valmorel et ses 200 000 visiteurs annuels.
Onze chapelles pour trois cents âmes — le mystère des Villards
Le Premier Villard abrite une chapelle de 1702 dédiée à saint Sébastien. Valmaure garde la sienne de 1728, Notre-Dame des Neiges. La Chal conserve la plus ancienne, construite en 1598.
Onze chapelles éparpillées sur la commune. Une pour 27 habitants. Un ratio unique dans les Alpes françaises.
L'histoire explique cette richesse. "Vers la fin du VIe siècle et au début du VIIe siècle, la Vallée des Villards semble avoir été occupée par des colons burgondes", précisent les archives locales. Ces familles germaniques — Amblard, Bérard, Gontier — ont marqué l'architecture vernaculaire. Pierre grise locale, toits en lauze noire, clochers pointus émergent des hameaux enneigés.
L'église néo-gothique qui accueillait 1 600 fidèles
L'église Saint-Colomban trône au centre du village. Construite entre 1862 et 1866, elle pouvait accueillir 1 600 habitants. Cinq fois plus que la population actuelle.
Joseph Marie Samuel Revel dessine les plans en septembre 1862. Le rattachement de la Savoie à la France en 1860 justifie cette église surdimensionnée. Les villages ruraux connaissent alors un essor démographique.
Une architecture savoyarde qui défie le temps
Les éléments néo-gothiques contrastent avec l'église Saint-Alban voisine. Style néoclassique sarde de 1834, cloche de 912 kg. Deux époques, deux influences architecturales sur 2 km.
Les maisons du village gardent leur authenticité. Murs en pierre grise-dorée selon la lumière, toits rouges et noirs. L'hiver, la neige souligne chaque arête, chaque fenêtre à petits carreaux.
Le tilleul de 400 ans qui veille sur le village
Au cœur du bourg, un tilleul multicentenaire étend ses branches. Planté vers 1600, son tronc conique mesure 5 à 6 mètres de circonférence. "Un tilleul vieux de 400 ans qui se distingue du reste de la fratrie par plusieurs aspects originaux... tronc conique est superbe!", observe un arboriste passionné.
Creux à l'intérieur, il résiste aux avalanches, aux tempêtes, aux siècles. Point de repère des habitants, témoin silencieux de l'évolution du village.
Le musée à 2 € qui révèle les trésors textiles
La Maison du Patrimoine s'installe dans une demeure vernaculaire du hameau de La Pierre. Ouverture sur demande en hiver, 15h30-18h30 les mercredis en été. Tarif : 2 € par personne.
Ce patrimoine religieux caché révèle des merveilles inattendues dans l'écomusée.
Costumes brodés et croix d'argent uniques
"Dans un intérieur ancien de magnifiques costumes, des broderies, des étoffes font l'admiration des visiteurs", décrit l'office de tourisme. Châles multicolores, robes, tabliers, rubans s'exposent dans les vitrines.
La pièce maîtresse : une croix d'argent plat de 15 cm. La "grande croix des Villards", bijou unique porté par les femmes lors de la fête du 15 août. Fondue avec des pièces de monnaie par les artisans locaux, elle compte parmi les plus anciennes de Savoie.
Spécialités savoyardes à prix doux
Les restaurants familiaux servent la fondue à 25-35 €. Beaufort AOP à 15 € le kilo, diots au vin blanc, tartiflette authentique. Les stations voisines facturent 40-60 € les mêmes plats.
Hébergement moyen : 80 € la nuit contre 120-200 € à Valmorel. Économie de 30 % sans perdre l'âme alpine.
30% moins cher que Valmorel — sans la foule
Saint-Colomban accueille moins de 10 000 visiteurs par an. Valmorel et La Toussuire dépassent les 200 000. Même accessibilité depuis Lyon : 2 heures par l'A43. Atmosphère radicalement différente.
Les chapelles enneigées de février, le tilleul tortueux sous la neige, les costumes brodés au musée. Ces villages alpins résistants préservent leur authenticité face au tourisme de masse.
"Un autre exemple de cet esprit de rébellion des Colégnons est aussi le fait que saint Expédit... trône encore dans l'église", note un historien local. Même l'Église n'arrive pas à dompter totalement ce village.
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Quelle est la meilleure période pour visiter Saint-Colomban-des-Villards ?
Juillet-août offrent un temps doux entre 15 et 25 °C. Le musée ouvre ses portes, les sentiers vers les chapelles restent praticables. L'hiver transforme le paysage : chapelles enneigées, sommets du Sambuis et du Puy-Gris immaculés. Évitez le printemps et l'automne, souvent pluvieux en montagne.
Combien coûte une visite à Saint-Colomban-des-Villards ?
Budget journalier : 2 € pour le musée, 25-35 € pour un repas, 80 € d'hébergement moyen. Les destinations alpines authentiques restent abordables. Total : 110 € par jour contre 150-200 € dans les stations voisines.
Comment Saint-Colomban se compare-t-il aux stations de ski voisines ?
Plus calme avec ses 300 habitants permanents. Plus authentique grâce à ses 11 chapelles et son écomusée. Moins cher de 30 % en moyenne. Accès équivalent depuis Lyon. Idéal pour découvrir le patrimoine alpin loin des remontées mécaniques et des foules.
Crépuscule sur la vallée des Villards. La lumière dorée caresse la pierre des chapelles, le silence ouaté de février enveloppe les hameaux. Au musée, les châles brodés attendent patiemment la prochaine fête du 15 août. Trois cents âmes gardent vivant un patrimoine que le temps a épargné.