Camiguin, 7 volcans et un cimetière englouti sur une île philippine de 238 km²
En juin, la mer autour de Camiguin dort encore. Pas de houle, pas de vent du nord. Les bangkas glissent sans bruit vers le White Island Sandbar, ce banc de sable blanc qui disparaît à marée haute. Les plongeurs de Mambajao connaissent cette fenêtre depuis toujours. Les voyageurs européens, presque jamais. Pourtant, cette île de 238 km² compte sept volcans, un cimetière englouti sous l'océan, et des sources géothermiques à 40 °C. Juin est le moment où tout cela s'offre, calme et intact.
Une île volcanique au nord de Mindanao
Camiguin forme une province à elle seule, au nord de Mindanao. On y arrive par ferry depuis Balingoan, traversée d'environ une heure. Depuis le pont du bateau, les cônes volcaniques apparaissent avant même que la côte soit visible.
Le Hibok-Hibok domine l'île à 1 332 mètres. Sa dernière grande éruption remonte aux années 1951-1953. Aujourd'hui, il fume encore par moments, sans menacer. Sur la route circulaire qui longe l'île, les tricycles klaxonnent dans l'odeur des fruits coupés au marché de Mambajao.
Ici, la géologie dicte tout. Les routes contournent des coulées de lave anciennes. Les sources d'eau chaude surgissent du sol comme une évidence. L'île sent le soufre et la mangue en même temps.
Ce que juin change concrètement
La visibilité sous-marine que les plongeurs attendent
Le Sunken Cemetery est le site le plus singulier des Philippines. Le volcan Vulcan Viejo, en éruption au XIXe siècle, a englouti l'ancien cimetière de la ville de Catarman. Une croix de béton moderne signale le site depuis la surface.
En dessous, les coraux ont colonisé les pierres tombales. La profondeur reste accessible en palmes et masque, sans certification de plongée. En juin, la mer calme garantit une visibilité maximale. Dès juillet, la houle trouble l'eau. En août, certains jours deviennent impossibles. « Juin, c'est notre mois », dit un guide de plongée de Mambajao qui travaille le site depuis quinze ans.
Les récifs de Mantigue Island, réserve marine protégée à quelques kilomètres de la côte est, offrent la même fenêtre. Tortues marines, poissons-perroquets, coraux intacts. Trois fois moins de plongeurs qu'en octobre, lors du Lanzones Festival.
Le White Island Sandbar avant la bascule des vents
Ce banc de sable blanc n'existe vraiment qu'à marée basse et par mer calme. En juin, les alizés permettent encore la traversée en bangka sans risque. Les Camiguinons y viennent en fin d'après-midi, quand la lumière rasante dore le sable. Comme à La Digue aux Seychelles, la logique est la même : arriver au bon mois, ou partager le lieu avec la foule.
Ce que font les Camiguinons en juin
Plongée, trekking et eau chaude volcanique
L'ascension du Hibok-Hibok commence à 4h du matin. Les guides locaux ne proposent ce trek qu'en saison sèche. Le cratère se découvre avant que les nuages montent, vers 8h. La vue porte sur toute l'île et la mer de Mindanao.
Les Ardent Hot Springs offrent une alternative plus douce. L'eau géothermique y atteint environ 40 °C. En juin, on s'y retrouve entre familles de Mindanao venues pour le week-end. Comme sur certaines îles du Nicaragua, juin reste ici la saison des locaux, pas encore celle des foules.
Le marché de Mambajao et le lanzones
À 6h30, le marché de Mambajao sent l'huile de coco et le riz chaud. Camiguin est réputée aux Philippines pour son lanzones, fruit tropical doux récolté en octobre. En juin, il se trouve en confiture, en vinegar local, en produits artisanaux. Comme à Stintino en Sardaigne, chaque île a ses produits qui n'existent vraiment que là. Ici, c'est le lanzones et le café d'altitude cultivé sur les flancs du Hibok-Hibok.
L'île qui se referme si l'on attend
En octobre, le Lanzones Festival remplit Camiguin pendant quatre jours. L'île double presque de population. De juillet à novembre, les typhons qui frappent le nord des Philippines rendent l'accès incertain. Juin reste la période où Camiguin appartient encore à ceux qui savent.
Comme certains sites de plongée restent inaccessibles hors fenêtre précise, le cimetière sous-marin de Camiguin se mérite par le timing. Les voyageurs qui préparent leurs vacances d'été 2026 ont encore cette fenêtre devant eux. Pas longtemps.
Vos questions sur l'île de Camiguin, Philippines, répondues
Comment rejoindre Camiguin depuis Manille ou Cebu ?
Depuis Manille, vol vers Cagayan de Oro, puis environ 1h30 de route jusqu'à Balingoan, puis ferry vers le port de Benoni sur Camiguin. Compter une journée de transit complète. Depuis Cebu, même trajet via Cagayan de Oro. Des liaisons aériennes directes Cebu-Camiguin existent ponctuellement mais restent irrégulières selon les saisons.
Qu'est-ce que le cimetière sous-marin de Camiguin ?
Le volcan Vulcan Viejo est entré en éruption au XIXe siècle, soulevant le fond marin et engloutissant le cimetière de l'ancienne ville de Catarman. Une croix de béton signale aujourd'hui le site en surface. Les coraux ont recouvert les pierres tombales. Le site est accessible en snorkeling, sans certification de plongée bouteille nécessaire pour la partie superficielle.
Camiguin vaut-elle le voyage comparée à Palawan ou Siargao ?
Camiguin n'a pas d'aéroport international propre et compte environ 90 000 habitants sur toute l'île, quand Palawan en reçoit des centaines de milliers de touristes par an. Là où Palawan propose lagons et falaises calcaires, Camiguin propose volcans actifs, eau géothermique et cimetière englouti. Pour un voyageur qui a déjà parcouru les classiques philippins, Camiguin est l'étape d'après.
La croix affleure à peine sous la surface. Le bangka s'éloigne vers le White Island. Sur la rive, un tricycle attend dans l'ombre d'un manguier. Juin à Camiguin sent la mer calme, le café d'altitude, et la lave refroidie depuis longtemps.