Sept moulins qui nourrissaient les Cyclades jusqu'en 1960 — oubliés sur Instagram
Sept silhouettes blanches se découpent sur le ciel orangé de Mykonos. Les touristes affluent par centaines sur la colline de Kato Mili, smartphones levés vers ces cylindres vénitiens du 16e siècle. Derrière les millions de posts #MykonosWindmills se cache une réalité industrielle oubliée : ces moulins ont nourri les Cyclades pendant trois siècles. L'un d'eux broyait encore du blé en 1960.
Sept moulins face à la mer Égée — l'héritage vénitien de Kato Mili
La colline domine Chora à 70 mètres d'altitude. Les coordonnées GPS 37.446°N, 25.329°E révèlent l'emplacement stratégique face aux vents Meltemi. Ces rafales du nord atteignent 50 km/h en juillet-août.
Les Vénitiens exploitent cette puissance naturelle dès 1550. Ils construisent des cylindres blancs à trois étages : stockage de farine en haut, mouture au centre, habitation en bas. Les toits coniques en bois pivotent pour capter le vent optimal.
Dix moulins composaient initialement le complexe Kato Mili. Sept subsistent aujourd'hui, restaurés comme monuments. Leurs petites fenêtres asymétriques et leur chaux blanchie contrastent avec le bleu profond de la mer Égée.
De 28 moulins actifs à une carte postale — trois siècles d'histoire agricole
Au pic d'activité, fin 18e-début 19e siècle, 28 moulins opéraient sur l'île. Familles aisées, marchands, marins et monastères se partageaient cette industrie lucrative. Comme l'explique Kinglike Concierge : "Mykonos exploita intelligemment les vents Meltemi pour moudre orge, blé et autres récoltes locales, maintenant l'économie en vie."
L'île exportait farine et paximadi vers les navires méditerranéens. Ces biscuits secs d'orge constituaient la base alimentaire des marins. Cette tradition agricole séculaire rappelle d'autres terroirs européens préservés.
Les moulins Geronymos et Bonis — témoins opérationnels du passé
Le moulin Geronymos, construit vers 1580-1700, demeura opérationnel jusqu'aux années 1960. Propriété privée aujourd'hui, il témoigne de la longévité de cette industrie. Les équipes de Kivotos Hotels précisent : "Il s'agit de l'un des derniers moulins survivants de Mykonos, parmi les plus anciens de l'île."
Le moulin Bonis, érigé au 18e siècle, abrite désormais le Musée Agricole. Ouvert juillet-septembre, il expose les mécanismes de mouture d'origine. L'entrée coûte environ 5 € et révèle le processus de transformation du grain.
L'arrêt progressif — fin 19e siècle et arrivée de l'électricité
L'électricité sonne le glas de cette industrie millénaire. Les derniers moulins cessent leur activité au début du 20e siècle. Selon AllOverGreece : "Ils appartenaient principalement aux familles riches : propriétaires terriens, marchands, marins et monastères."
Les années 1980 marquent leur renaissance touristique. Restaurés et muséifiés, ils deviennent des attractions phares visitées par des milliers de personnes annuellement.
Vivre l'expérience des moulins — au-delà de la photo Instagram
L'accès depuis Chora prend 15-20 minutes à pied. Bus et taxis desservent le site pour 2-5 €. La visite extérieure reste gratuite 24h/24. Ce patrimoine industriel préservé offre une perspective authentique sur l'histoire cycladique.
Mai-juin et septembre-octobre constituent les périodes optimales. Températures de 20-25 °C, vents modérés et affluence réduite garantissent des conditions idéales. L'été voit affluer les foules avec des pics à 35 °C.
Coucher de soleil et gastronomie cycladique
Le sommet de Kato Mili offre un panorama 360° sur la mer Égée. Little Venice apparaît à 500 mètres, baignée par la lumière dorée du crépuscule. Les photographes s'installent dès 19h pour capter l'alignement parfait des sept silhouettes blanches.
Les tavernes de Chora proposent paximadi à 3-5 €. Ces biscuits d'orge perpétuent la tradition meunière locale. Le kopanisti, fromage piquant mykonien, accompagne les fruits de mer frais vendus 15-25 € le repas.
Comparer l'expérience — Mykonos vs Santorin et Chios
Mykonos offre un alignement plus photogénique que les moulins isolés de Chios. L'hébergement coûte 20-30 % moins cher qu'à Santorin : 150-250 € la nuit en hôtel 3 étoiles contre 200-350 € à Oia. Cette authenticité préservée contraste avec le surtourisme d'autres îles méditerranéennes.
L'accessibilité depuis la France facilite la visite : vols directs Paris-Mykonos en 3h pour 150-400 € selon la saison.
Le paradoxe Instagram — 2 millions de visiteurs, une histoire oubliée
Greek Reporter souligne en 2025 la restauration continue des 16 moulins subsistants. Milliers de visiteurs quotidiens en haute saison, millions de posts #MykonosWindmills, vidéos TikTok totalisant plus de 10 millions de vues.
Ce paradoxe frappe : tourisme de masse versus méconnaissance historique totale. Les influenceurs vantent des "spots secrets hors saison" sans mentionner le passé industriel. Cette ignorance du patrimoine authentique caractérise notre époque hyperconnectée.
UplivingGreece résume : "Symbole du riche passé de Mykonos, ces moulins représentaient l'une des premières unités manufacturières de Grèce, témoignant de l'ingéniosité locale pour exploiter l'énorme puissance du vent." Une innovation oubliée derrière la carte postale.
Vos questions sur Mykonos (Moulins à vent), Village, Grèce répondues
Quelle est la meilleure période pour visiter les moulins sans la foule ?
Mai-juin et septembre-octobre offrent des conditions optimales. Températures de 20-25 °C, vents Meltemi modérés, affluence réduite comparé aux mois d'été. Le musée Bonis ouvre juillet-septembre, mais l'extérieur reste accessible toute l'année gratuitement.
Combien coûte une journée à Mykonos pour voir les moulins en 2025 ?
Budget moyen : hébergement 150-250 € la nuit (hôtel 3 étoiles), repas 20-35 € en taverne, musée Bonis 5 €, transport local 2-5 €. Location de vélo 15-30 € la journée. Total : 200-320 € quotidiens, soit 20-30 % moins cher qu'à Santorin.
Pourquoi les moulins de Mykonos sont-ils plus célèbres que ceux de Chios ?
Accessibilité exceptionnelle : 15 minutes à pied depuis Chora contre sites isolés à Chios. Alignement photogénique de sept moulins face à la mer. Intégration au tourisme de masse avec 2 millions de visiteurs annuels sur l'île et vols directs depuis Paris.
Le soleil plonge derrière Little Venice. Sept silhouettes blanches se détachent sur l'indigo du ciel. Touristes et influenceurs redescendent vers Chora. Dans le silence revenu, les vents Meltemi murmurent encore l'histoire de ces ailes immobiles qui, trois siècles durant, ont nourri la mer Égée.