Préservé du tourisme de masse, ce lac savoyard de 22 hectares cultive 6 000 rosiers en pleine eau
22 hectares, 6 000 rosiers. Le lac de Buisson-Rond ne donne rien de sa collection depuis la route. Il faut contourner l’eau, longer les berges, et soudain les massifs apparaissent entre les arbres du parc. Personne ne s’y attend à Chambéry.
6 000 rosiers alpines : ce que le lac de Buisson-Rond dissimule derrière ses berges
Le lac est artificiel. C’est la première surprise. Il ne s’agit pas d’une anse glacière ni d’un réservoir naturel, mais d’une création humaine qui a servi autrefois les forges de la ville. Aujourd’hui, l’eau calme reflète les contours d’un parc de 22 hectares où poussent 6 000 rosiers de variétés alpines.
La collection n’est pas visible d’emblée. Elle se dissimule dans le tissu végétal du parc, entre les allées et les zones boisées qui bordent le lac. Les rosiers ne poussent pas dans l’eau : ils occupent les terres qui entourent le plan d’eau, formant des massifs que le visiteur découvre au détour d’un chemin. C’est cette disposition qui crée l’effet de surprise. On vient pour une promenade au bord d’un lac urbain, on trouve une concentration botanique rare.
Les variétés alpines sont adaptées à l’altitude et au climat de la région. Elles fleurissent selon des cycles propres, offrant des successions de floraison que les amateurs suivent. Le chiffre de 6 000 plants fait de ce parc l’un des ensembles les plus importants de roses alpines en France, sans que le lieu en fasse la publicité attendue d’un jardin botanique classique.
Entre les forges et les rosiers : l’histoire que le lac de Buisson-Rond garde silencieuse
Le lac porte encore la trace de son origine industrielle. Créé pour les forges de Chambéry, il a alimenté une activité métallurgique avant de basculer dans un usage paysager et récréatif. Cette double identité, technique puis végétale, lui confère un caractère particulier dans le paysage des lacs de Savoie.
Le parc qui l’entoure a été aménagé progressivement. Les rosiers ont été introduits et multipliés jusqu’à former cette collection de 6 000 plants. Le Château de Boigne, visible depuis certaines allées, témoigne de l’histoire aristocratique du site. L’ensemble forme un espace où plusieurs époques se superposent sans se concurrencer : l’industrie, la noblesse, la botanique.
Comment y aller et quand les 6 000 rosiers sont visibles
Le lac de Buisson-Rond se situe à Chambéry, dans le département de la Savoie (73). Depuis le centre-ville, le parc est accessible à pied ou en vélo en quelques minutes. Pour les visiteurs venant de Lyon, le trajet en voiture prend environ une heure. Le site est desservi par les transports en commun de l’agglomération chambérienne.
La meilleure période pour observer les rosiers en fleur s’étend de la fin du printemps au début de l’été. Les floraisons des variétés alpines se décalent légèrement selon les années et les conditions météorologiques. Une visite de deux à trois heures suffit pour faire le tour du lac et parcourir les zones où les massifs sont concentrés. L’accès au parc est gratuit.
Les rosiers sont-ils regroupés en un seul secteur du parc ?
Non. Les 6 000 plants sont répartis dans les 22 hectares du parc, disséminés entre les allées et les espaces boisés qui entourent le lac. Il n’existe pas de zone unique dédiée : la collection se découvre au fil de la promenade, ce qui explique que de nombreux visiteurs l’ignorent en arrivant.
Peut-on se baigner dans le lac de Buisson-Rond ?
Les notes de recherche ne mentionnent pas de baignade autorisée dans le lac. Le plan d’eau artificiel semble principalement destiné à l’ornement et à la promenade. Les visiteurs viennent plutôt pour les chemins de randonnée pédestre, les pistes cyclables et l’observation de la collection botanique.
22 hectares, 6 000 rosiers, un lac artificiel oublié des cartes touristiques. Le matin, la lumière traverse les massifs et dessine des ombres sur l’eau. Les habitants de Chambéry passent à côté depuis des années. Les rosiers continuent de fleurir, visibles seulement de ceux qui tournent la tête.