Pas besoin d’être alpiniste : ces lacs glaciaires se découvrent à pied dans les Asturies
L’air change dès que la route se met à grimper. Les prairies s’ouvrent, les reliefs se rapprochent, et l’on arrive dans un décor de montagne qui impressionne sans exiger de corde ni de casque.
Les lacs de Covadonga, dans les Asturies, se découvrent justement pour cela. Vous venez ici pour marcher au bord de l’eau, lever les yeux vers les sommets des Pics d’Europe, puis repartir avec cette sensation rare d’avoir touché la montagne sans vous lancer dans une expédition.
Le bon timing compte beaucoup. En été, le site se remplit vite et l’accès en voiture particulière est restreint en haute saison, avec un passage par bus public, alors qu’hors saison ou tôt le matin l’ambiance change complètement.
À 1 134 m, un décor de haute montagne qui reste accessible à pied
Les lacs de Covadonga sont deux lacs glaciaires, l’Enol et l’Ercina, au cœur des Asturies, dans les Pics d’Europe. Il existe aussi un troisième petit lac saisonnier, le Bricial, mais ce sont bien les deux premiers qui dessinent le visage du site.
Ici, le contraste est fort. Le paysage a tout d’un grand amphithéâtre minéral, avec des prairies d’altitude, des falaises calcaires et des sentiers balisés qui permettent de tourner autour des lacs ou de gagner quelques points de vue sans difficulté technique annoncée dans les notes.
Vous n’avez pas besoin d’être alpiniste. C’est même tout l’intérêt du lieu. On retrouve l’allure d’un vrai paysage de montagne, mais dans une version que l’on peut approcher à pied, tranquillement, à condition d’accepter un peu de dénivelé naturel et une météo qui peut vite changer l’atmosphère.
1983, La Huesera et la Vuelta, pourquoi cette route est entrée dans la légende
La route qui mène aux lacs a donné au site une autre réputation, bien au-delà des Asturies. Depuis 1983, son arrivée fait partie des grands rendez-vous de la Vuelta, au point d’avoir installé Covadonga dans l’imaginaire du cyclisme espagnol.
Les chiffres, ici, racontent vraiment quelque chose. L’ascension mesure 12,6 km, avec une pente moyenne de 7,3 %, puis un passage à 15 % dans le secteur de La Huesera. Même sans monter à vélo, vous sentez cette rudesse dans les virages, dans la route qui se cabre, dans l’allure presque théâtrale de l’arrivée.
C’est ce mélange qui rend le lieu si fort. D’un côté, un site glaciaire que l’on parcourt à pied. De l’autre, une montée devenue mythique, où la montagne cesse d’être seulement un décor et prend un vrai rôle dans le récit sportif.
Je trouve que c’est ce qui distingue Covadonga d’un simple lac de montagne. Vous ne regardez pas seulement une belle carte postale, vous avancez dans un endroit où le paysage et l’effort se répondent à chaque virage.
Peut-on s’y promener sans être randonneur expérimenté ?
Oui, c’est précisément l’un des atouts du site. Des sentiers balisés autour des lacs et vers des points de vue faciles, avec une ambiance de montagne très lisible mais sans difficulté technique mise en avant.
1918, les Pics d’Europe et cette impression d’espace juste au-dessus de Covadonga
Les lacs occupent le centre du parc national créé en 1918. Cela se sent dans le regard, parce que le paysage n’est pas réduit à deux pièces d’eau posées dans l’herbe, il s’étire autour d’elles avec une vraie ampleur, entre reliefs, pâturages et lignes rocheuses.
Le sanctuaire de Covadonga n’est pas loin, et la route monte depuis ce secteur avant de déboucher vers les lacs. L’arrivée fonctionne bien parce qu’elle ménage une progression, d’abord les courbes, puis l’ouverture soudaine, plus vaste, plus lumineuse.
En été, la foule peut casser un peu cette sensation. Mieux vaut le savoir. Hors saison, ou tôt le matin, le site retrouve une respiration bien plus agréable, et c’est dans ces moments-là que les lacs donnent le plus, surtout si vous aimez marcher sans bruit autour de l’eau.
À 25 km de Cangas de Onís, le vrai secret est l’heure d’arrivée
Les lacs de Covadonga se trouvent à environ 25 km de Cangas de Onís et à 10 km de Covadonga. En haute saison, l’accès en voiture privée est réglementé et la montée se fait alors par bus public depuis Cangas de Onís ou Covadonga, tandis qu’hors saison la voiture reste autorisée.
Sur place, il existe un parking, et c’est un détail utile. Mais le conseil le plus juste n’est pas logistique, il est simple, arrivez tôt si vous visez l’été. Le site est très fréquenté, surtout le matin avancé et les week-ends, et l’expérience n’a plus le même goût quand les sentiers se remplissent trop vite.
Vous pouvez aussi choisir la basse saison. Le décor ne perd pas sa force, loin de là, et l’ensemble devient plus lisible, plus calme, plus net pour marcher, regarder et photographier.
Peut-on s’y baigner ?
La baignade n’est pas l’intérêt principal du site. Qu’elle n’est pas forcément autorisée selon les zones, et que l’essentiel se joue plutôt dans les panoramas, la marche et la photographie.
Les lacs de Covadonga ont donc quelque chose de rare. Ils donnent la montagne sans exiger l’alpinisme, et offrent, au bout de la route, une ligne d’eau tranquille sous les reliefs, là où tant d’arrivées de la Vuelta ont fini dans le brouillard, l’effort ou le silence.