Méconnu des touristes, ce village du Lot concentre 3 tours médiévales sur un promontoire de 375 m

375 mètres d’altitude. Trois tours de pierre dressées sur un promontoire depuis le VIIIe siècle. 623 habitants aujourd’hui, 1 500 en 1793. Le village n’a jamais cherché à être connu.

3 tours médiévales, 1 forteresse et 1 assaut manqué de Richard Cœur de Lion

Cardaillac est une commune rurale du Lot, à 9 km au nord-ouest de Figeac, dans l’est du département. Elle s’étend sur 18,22 km² de forêts et de prairies, à la limite du Limargue et du Ségala lotois.

Le nom apparaît au VIIIe siècle. La forteresse bâtie sur le promontoire rocheux comptait plusieurs tours. Il en reste trois, visibles depuis les routes alentour.

En 1188, les troupes de Richard Cœur de Lion ont assiégé la place. La forteresse a résisté. C’est le fait central que les habitants transmettent encore, huit siècles plus tard, sans en faire une attraction.

623 habitants, 7 zones naturelles protégées et un label qu’on ne mentionne pas sur les panneaux

Cardaillac est labellisée parmi Les Plus Beaux Villages de France. La commune est adhérente de l’association depuis des années. Pourtant, le village ne se présente pas comme un site touristique. 51 des 255 actifs travaillent dans la commune même. 20 % des habitants. Le reste part vers Figeac.

Le patrimoine naturel est plus discret que les tours. Sept ZNIEFF recouvrent la commune, dont cinq de type 1 : zones humides du ruisseau de Murat, de Cantagrel, de Saint-Perdoux, des ruisseaux de Burgalières et de Pétarot, du Fraysse et des landes. Deux de type 2 : le haut bassin du Drauzou et le Ségala lotois. 55,9 % du territoire est boisé. 36,7 % en prairies.

La station d’épuration terminée en avril 2019 a coûté 318 176,71 €. Un système de filtres plantés de roseaux sur deux étages. La moitié financée par la circonscription Bassin Adour-Garonne, le quart par la commune. C’est ce type de détail que les habitants mentionnent avant les tours.

11 mai 1944, 6 heures du matin : une colonne SS, un maire et des coups de feu dans le vide

La Seconde Guerre mondiale a laissé une trace plus vive que le Moyen Âge. Le 11 mai 1944, la 2e division SS Das Reich arrive de Figeac. Rafales de fusils mitrailleurs. Mitrailleuse installée dans le clocher. Le maire, M. Lafage, est interrogé pendant deux heures. Des dizaines de coups de feu tirés derrière sa tête. Il affirme qu’il n’y a pas de maquisard.

Deux jeunes sont abattus : Marcel Cavarroc et Raymond Moussie. Georgette Verniol, abattue en plein champ. Albertine Daynac blessée au dos, un poumon perforé, guérie en deux mois. Le lendemain, une autre colonne arrive. Le maire, aidé d’un traducteur lorrain, démontre que le village a déjà été contrôlé. Les soldats repartent vers Figeac.

Les habitants ont accueilli la Révolution française avec enthousiasme, au siècle précédent. Pendant les guerres de Religion, le village était protestant. L’histoire locale alterne les engagements et les silences.

Peut-on visiter les tours de l’intérieur ?

Les notes de recherche ne mentionnent pas d’accès intérieur aux trois tours subsistantes. Les tours se découvrent dans le tissu du village.

Quel est le meilleur moment pour arriver ?

Le climat est océanique altéré, avec une pluviométrie maximale en automne et en hiver. 1 106 mm de précipitations annuelles en moyenne pour la période 1971-2000, 806,2 mm pour 1991-2020. La température moyenne annuelle est de 13,1 °C sur la station de Faycelles à 13 km. Juillet compte 6,9 jours de pluie en moyenne, janvier 11,7. L’été offre le plus de certitudes pour une visite sans parapluie.

9 km de Figeac, pas de train direct, et une route qui traverse le Limargue

Cardaillac est dans l’aire d’attraction de Figeac, à 9 km au nord-ouest de la ville. Pas de gare dans la commune. Le trajet se fait par route, à travers le Limargue, cette dépression verdoyante entre les causses du Quercy et le Ségala quercynois.

La commune est rurale à habitat dispersé, hors unité urbaine. 86,2 % des actifs utilisent un véhicule personnel pour se rendre au travail. 1,5 % seulement les transports en commun. Le village se visite en voiture, ou à vélo depuis Figeac.

La durée de visite n’est pas indiquée dans les sources. Le village se parcourt en quelques heures, les tours en quelques minutes. Le temps passé dépend de l’attention portée aux détails : les ruelles, les portes anciennes, la vue depuis le promontoire.

Cardaillac est à 375 m d’altitude. Le promontoire domine les cours d’eau alentour : la Burlande, le Drauzou, le ruisseau de Saint-Perdoux, le ruisseau de Planioles. Les ruisseaux de Douzet, de Pisserate, de la Dournelle parcourent aussi la commune. L’eau est partout, sous les forêts, autour des zones humides.

Les toits tiennent encore. Les trois tours aussi. 623 habitants, 1 500 en 1793. Personne ne sait combien en 1188, pendant l’assaut. Les archives ne le disent pas.