Le Montcuq français : ce village du Lot sur 32,22 km² a vu son nom devenir un sketch culte de télévision
Le donjon domine la colline depuis le XIIe siècle. En 1976, un sketch de télévision a changé le destin de ce village du Lot. 1 241 habitants, 32,22 km², et un nom devenu culte.
1976, le sketch qui a fait connaître Montcuq à toute la France
Pierre Bonte et Daniel Prévost tournent un faux reportage pour Le Petit Rapporteur. L’émission satirique, diffusée sur TF1, exploite une prononciation volontairement tronquée du toponyme occitan. Le sketch fait rire des millions de téléspectateurs. Le village, jusqu’alors ignoré du grand public, devient soudainement célèbre.
Montcuq n’a pas demandé cette notoriété. Elle est tombée du ciel, ou plutôt des ondes. Le nom, attesté dès 1127 sous la forme Montcuc, vient d’une racine préceltique signifiant « hauteur ». Les habitants, les Montcuquois, vivent au sommet d’une colline verte qui surplombe la Barguelonnette et les vignobles de chasselas. La tautologie toponymique, mont répété deux fois, décrit parfaitement le site.
Le donjon : tout ce qui reste d’un château rasé
Le roi de France fait abattre les murailles après le traité de Meaux en 1229. Seul le donjon est épargné, gardé comme point de vigilance. Vertical, rectiligne, fait d’une tour et d’une tourelle rectangulaire. Un escalier taillé dans la pierre mène à l’unique porte, celle de la tourelle-escalier. À travers un mur épais de deux mètres, elle donne accès à la tour où se superposent de grandes salles de 12 mètres sur 8, sur quatre niveaux.
La salle basse servait de magasin. Celles des premier et second étages avaient une cheminée. Aujourd’hui, le donjon est ouvert aux visites en juillet et août. C’est la seule fenêtre pour pénétrer ce qui fut une forteresse cathare et vaudoise, prise par Simon de Montfort le 1er juin 1212, puis témoin de la pendaison de Beaudouin, comte de Toulouse, en 1214.
32,22 km², deux églises et une colline coupée en deux
Montcuq est « divisée en deux ». Le vrai village occupe le haut de la colline : la place principale, le marché, les ruelles médiévales parfois en escalier, toujours pentues, les deux églises Saint-Privât et Saint-Hilaire. La ville s’étend vers le bas, vers le quartier de Saint-Jean et une zone industrielle qui longe la rivière.
L’église Saint-Hilaire, au clocher octogonal, conserve un chœur du XIVe siècle avec de grandes baies gothiques et des vitrages modernes. La chapelle du couvent des Cordeliers, au quartier Saint-Privat, a un portail du XIe siècle. La mairie du XIVe siècle porte une cloche du XVIe siècle dans son beffroi. Plusieurs maisons sont des XIVe et XVe siècles. Le lac de Saint-Sernin complète le tableau.
La grotte de Roland : 410 m d’études scientifiques après 20 ans de visites
Fernand Vignoles découvre la grotte en 1949. Il aménage 410 mètres du réseau souterrain, l’ouvre au public de 1971 à 1990. Louis et Nicole Vignoles la rouvrent de 1993 au 31 décembre 2011. Puis la science reprend le lieu : climatologie par la Royal Holloway de Londres, sismologie par l’université Paul Sabatier de Toulouse. La grotte n’accueille plus de touristes, mais continue de travailler.
Fin juillet, fin octobre : les deux rendez-vous qui rythment l’année
Le festival de la chanson à texte, cofondé en 2005 par Henri Courseaux, a lieu chaque année vers la fin juillet. Le concours d’endurance international, « Les Deux Jours de Montcuq », se déroule depuis plus de 30 ans durant le week-end le plus proche de la Toussaint. Une épreuve d’équitation réputée, qui attire des compétiteurs du monde entier. En septembre, « La Rue des enfants » propose un festival jeune public d’arts de la rue. Le week-end suivant le 15 août, Montcuq en fête anime le village.
Quand visiter le donjon et à quelle saison ?
Le donjon est ouvert aux visites en juillet et août uniquement. Pour le festival de la chanson à texte, prévoyez la fin juillet. Le concours d’endurance a lieu fin octobre, autour de la Toussaint. Le reste de l’année, Montcuq se visite librement, sans billet ni réservation.
Comment accéder à Montcuq depuis une grande ville ?
Le village se trouve à 25 km au sud-ouest de Cahors, sur la route départementale D 653, dans le Quercy Blanc. Cahors est la ville de référence pour s’orienter. Depuis cette ville, la route traverse un paysage de vignobles et de coteaux blancs. Aucune indication de durée de trajet ni de distance depuis Toulouse n’est documentée dans les sources officielles.
Accès et meilleure saison
La D 653 relie Montcuq à Cahors, 25 km au nord-est. Le village est une étape de la via Podiensis du pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle. On y arrive de Lascabanes, on repart vers Lauzerte, ancienne bastide avec son église Saint-Barthélemy. L’altitude du site est de 135 mètres. La superficie de l’ancienne commune, avant la fusion de 2016, était de 32,22 km². La commune nouvelle de Montcuq-en-Quercy-Blanc, créée le 1er janvier 2016, regroupe cinq anciennes communes et étend la superficie à 78,49 km² pour 1 816 habitants.
La meilleure fenêtre reste juillet-août pour le donjon, fin juillet pour le festival, fin octobre pour l’endurance équestre. Hors ces dates, le village offre ses ruelles pentues, ses deux églises, sa coopérative agricole et fruitière, et la proximité de la fabrique de meringues et de gaufres de Saint-Daunès.
Le sketch date de 1976. Les Montcuquois sont 1 241 sur l’ancienne commune, 1 816 sur la nouvelle. Le donjon attend juillet. Le festival attend la fin du mois. Le reste du temps, la colline verte domine la Barguelonnette, comme avant, comme toujours.