Adieu les calanques bondées : ce village du Larzac offre 2 600 h de soleil sur 44 035 ha préservés

948 habitants. 2 600 heures de soleil par an. Le village se trouve à l’endroit où l’autoroute A75 s’arrête de couper le paysage pour laisser passer la Lergue et la Brèze. C’est là que le causse du Larzac commence.

42,7 °C en août, 2,9 jours de pluie en juillet : le climat que les cartes cachent mal

La station météo la plus proche, à Soumont, à 4 km à vol d’oiseau, a enregistré 42,7 °C le 23 août 2023. Record. En juillet, il pleut en moyenne 2,9 jours. Le reste du temps, le soleil travaille : 2 600 heures par an, un chiffre qui place ce bout de nord-Hérault dans le peloton de tête national.

L’été moyen tourne à 21,5 °C. L’air est sec. Les vents soufflent fort, 40 à 50 % du temps à plus de 5 m/s. Ce n’est pas une côte. C’est un plateau caussenard où le mistral et le vent marin se disputent le terrain.

Les hivers existent quand même. −8 °C le 5 février 2012. Le retrait-gonflement des sols argileux en profite : 58,6 % de la superficie communale est en aléa moyen ou fort. 416 bâtiments sur 471 sont concernés. Les Soubésiens connaissent les fissures.

29 556 ha de causse : ce que le village touche sans le posséder

Le causse du Larzac s’étend sur 29 556 ha. C’est le plus grand ensemble de formations herbeuses sèches semi-naturelles de France. Soubès en fait partie, comme 32 autres communes. Le site est inscrit au réseau Natura 2000, à la fois directive habitats et directive oiseaux.

17 espèces d’oiseaux d’intérêt communautaire y nichent ou s’y nourrissent. Le Bruant ortolan, le Pipit rousseline, l’Alouette lulu, la Pie-grièche écorcheur. Des effectifs bien représentés par rapport à la moyenne nationale, précise le dossier. Ce n’est pas un zoo. C’est du caillou, du thym, et des oiseaux qui survivent parce que le paysage reste ouvert.

Les contreforts du Larzac ajoutent 5 299 ha de plus, classés Natura 2000 au titre de la directive habitats. Ils surplombent le bassin de Lodève. Là aussi, Soubès est dedans, sans en être le centre.

12,26 km² de commune, 62 % de forêts et milieux semi-naturels

La commune elle-même fait 12,26 km² selon l’INSEE, 12,35 km² selon Wikidata. L’altitude moyenne : 190 m. L’occupation des sols, issue de Corine Land Cover 2018, donne le détail : 40,3 % de forêts, 26,6 % de zones agricoles hétérogènes, 21,7 % de milieux à végétation arbustive et/ou herbacée. Les zones urbanisées ne représentent que 5,6 %.

En 1990, les forêts et milieux semi-naturels occupaient déjà 62 % du territoire. En 2018, même chiffre. La commune n’a pas bougé. Elle est restée rurale à habitat dispersé, catégorie INSEE 2024, banlieue de l’unité urbaine de Lodève.

Comment y aller et pourquoi l’autoroute ne mène pas jusqu’au village

L'autoroute A75 traverse la commune à l’est. Elle ne dessert pas le village. Pour entrer dans Soubès, il faut quitter avant, suivre des routes départementales, traverser la Lergue. Depuis Lodève, l’agglomération la plus proche, comptez quelques minutes. Depuis Montpellier, l’autoroute aide, puis elle vous lâche.

La meilleure fenêtre : mai-juin, avant la canicule et les interdictions de feu. Juillet-août fonctionnent aussi, mais le risque d’incendie est réel. Le PDPFCI, plan départemental de protection des forêts, court jusqu’en 2022 et doit être renouvelé. Deux arrêtés préfectoraux encadrent l’emploi du feu à moins de 200 m des zones sensibles.

Peut-on circuler librement sur le causse du Larzac ?

Oui, mais ce n’est pas un parc. Le causse est traversé par des routes, des pistes, des sentiers non balisés dans les notes. La zone Natura 2000 n’interdit pas la promenade. Elle encadre les activités qui pourraient dégrader les milieux ou déranger les oiseaux en période de reproduction. Pas de billetterie, pas de gardien.

Quel temps fait-il vraiment en été ?

Chaud et sec. Le 23 août 2023, la station de Soumont a frôlé les 43 °C. La moyenne est plus douce, mais le risque de canicule est récurrent. L’ombre est rare sur le causse. L’eau aussi. Prévoir plus de liquide que prévu, et un chapeau.

La pluie revient en automne et en hiver. 1 139 mm de cumul annuel moyen sur la période 1971-2000, 968,5 mm sur 1991-2020. La tendance est à la baisse, comme presque partout en France méditerranéenne.

1 514 ha de chaos dolomitique, 146 ha de cirque : les ZNIEFF plus discrètes

La commune héberge deux ZNIEFF de type 1 : le chaos dolomitique de Camp-Rouch (1 514 ha, partagé avec 2 autres communes) et le cirque du Bout du Monde (146 ha, partagé avec 1 autre commune). Ce sont des zones d’intérêt écologique, faunistique et floristique, inventoriées pour informer les décideurs, pas pour interdire.

Deux ZNIEFF de type 2 couvrent aussi Soubès, mais elles débordent largement : le causse et contreforts du Larzac et montagne de la Séranne (44 035 ha, 33 communes) et le cours moyen de l’Hérault et de la Lergue (976 ha, 22 communes). Soubès est une maille dans un tissu plus large. Ce n’est pas une île préservée.

Le risque minier existe aussi, lié aux anciennes exploitations du bassin houiller de Graissessac et du district polymétallique de Villecelle. Des cavités souterraines, abandonnées, laissées sans entretien. L’inventaire national les recense. Ce n’est pas le premier sujet qu’on évoque en parlant du Larzac, mais il est là, dans les dossiers du BRGM.

La Lergue a débordé en 1982, 1992, 1994, 2006, 2014 et 2015. Soubès a été reconnue en état de catastrophe naturelle à chaque fois. Les glissements de terrain ont frappé en 1995 et 2015. Le village tient debout, mais le sol bouge.

948 habitants. 12 km² de commune. 29 556 ha de causse à portée de vue. Le soleil tombe sec. La Lergue coule au fond. L’autoroute passe à l’est, indifférente. Les oiseaux nichent dans les herbes sèches, bien représentés par rapport à la moyenne nationale. Personne ne vient pour un office du tourisme. Il n’y en a pas.