« Interdit au public jusqu’en 1975 » : le Frioul se parcourt aujourd’hui à pied
Le vent salé arrive avant les premières pierres. Depuis les sentiers du Frioul, Marseille apparaît au loin, découpée derrière la rade, tandis que les criques accrochent la lumière. Vous marchez dans un archipel longtemps fermé aux visiteurs, entre falaises calcaires, anciennes fortifications et eau claire.
L’histoire militaire reste visible partout. Mais les pas sont maintenant libres.
1975, l’année où le Frioul a ouvert ses portes
Jusqu’en 1975, les îles du Frioul appartenaient à la Défense nationale et restaient interdites au public. Leur position face à Marseille en avait fait une ligne avancée, couverte de forts, de batteries et de postes d’observation.
La promenade change alors de décor à chaque détour. Un mur de béton surgit derrière un chemin sec, une tour surveille la mer, puis le port de plaisance ramène soudain le regard vers les bateaux. Ce contraste me plaît beaucoup.
Il donne aux îles une présence moins décorative, plus rugueuse.
L’archipel compte 4 îles principales: Pomègues, Ratonneau, If et Tiboulen du Frioul. Pomègues et Ratonneau sont reliées par la digue de Berry, ce qui permet de passer de l’une à l’autre à pied.
De Pomègues à Ratonneau, une balade entre deux visages
Ratonneau concentre les passages, les quais et plusieurs traces militaires. La calanque de Saint-Estève, le fort de Ratonneau et l’ancien hôpital Caroline donnent des repères concrets pendant la marche.
Pomègues paraît plus sauvage. Le sentier longe des reliefs blancs, passe près de la calanque de la Crine et rejoint la tour de Pomègues. Vous avancez avec la mer d’un côté et les bâtiments abandonnés de l’autre.
La lumière est franche.
Le paysage porte encore les marques des conflits. Les anciennes batteries, les tranchées et les constructions en béton racontent une rade que l’on voulait protéger. Certaines zones ont été bombardées pendant la libération de Marseille, et les reliefs gardent cette mémoire dans leurs creux.
Il faut regarder au sol. La végétation a repris certaines ruines, mais les murs restent lisibles, posés entre la roche blanche et les herbes sèches. Le Frioul se parcourt ainsi, par fragments, sans parcours unique imposé.
Peut-on parcourir les îles du Frioul à pied ?
Oui, Pomègues et Ratonneau se rejoignent à pied par la digue de Berry. Les sentiers permettent aussi de découvrir les criques, les fortifications et les points de vue sur Marseille. Prévoyez simplement des chaussures adaptées aux chemins pierreux.
Un seul couple de puffins face à la rade
Le Frioul accueille aussi une faune discrète. Un seul couple nicheur de puffins de Méditerranée a été recensé sur l’archipel, parmi les oiseaux marins qui fréquentent ces îles.
Les falaises calcaires plongent dans une mer claire, mais le silence n’est jamais total. Le vent circule entre les murs, les oiseaux passent au-dessus des anciennes batteries et les cris venus du port rappellent la proximité de Marseille.
La baignade existe dans les calanques, au fil de la promenade. Elle demande de respecter les lieux et les oiseaux, surtout dans les secteurs où les parois et les ruines rendent l’accès moins direct.
Peut-on se baigner au Frioul ?
Oui, certaines calanques permettent la baignade. Le choix dépend de l’état de la mer et de l’accès depuis le sentier. Le Frioul convient mieux à une journée alternant marche, pause au bord de l’eau et découverte des fortifications.
Depuis le Vieux-Port, la traversée commence déjà
Les navettes partent du Vieux-Port de Marseille et rejoignent l’archipel, situé à environ 1,5 km au large de la pointe d’Endoume. La traversée ouvre progressivement la vue sur les îles, puis sur les reliefs de la cité phocéenne.
Le port du Frioul sert de point d’arrivée pour commencer la balade. De là, vous pouvez suivre les chemins vers Ratonneau, franchir la digue de Berry et poursuivre vers Pomègues. Les horaires de navette doivent être vérifiés avant le départ, car la desserte organise toute la journée.
Aucune saison précise n’est indiquée ici pour privilégier une période plutôt qu’une autre. La lumière, le vent et l’état de la mer modifieront fortement l’expérience. Pour moi, le Frioul se découvre mieux quand vous gardez du temps pour marcher sans chercher à tout voir.
Au retour, les fortifications s’assombrissent derrière vous. Le port s’éloigne, Marseille reprend toute la largeur de l’horizon et les îles redeviennent une silhouette blanche posée sur la mer.