Haute-Saône : Vesoul, capitale mondiale de la logistique automobile et éternelle chanson de Jacques Brel
La chanson est de 1968. La colline domine la ville depuis bien plus longtemps. Et les camions de pièces automobiles roulent depuis ce qui est devenu le centre mondial de la logistique Stellantis.
Vesoul tient trois vies en une seule préfecture de 15 078 habitants, coincée entre les premiers contreforts du Jura et des Vosges.
À 150 mètres au-dessus des rues, La Motte garde le secret du paysage
La colline de La Motte surplombe Vesoul. C'est une butte de calcaire conique, plantée au milieu de la ville comme une île géologique. Les Vésuliens l'ont toujours gravie.
Les touristes la découvrent en arrivant, visible de loin, coupant le ciel au-dessus des toits.
La chapelle Notre-Dame de la Motte trône là-haut. Le panorama porte sur les plaines, les reliefs, le lac au loin. C'est le point de fuite de toute promenade.
On monte par des sentiers qui serpentent entre les arbres. On redescend vers le centre historique, ces ruelles qui tournent autour de l'église Saint-Georges.
Le contraste est saisissant. En bas, le calcaire des façades. En haut, le calcaire nu de la colline.
Entre les deux, la vie d'une ville qui n'a jamais cherché à être grande.
1968 : une chanson qui a fait plus pour Vesoul que trois siècles d'histoire
Jacques Brel a donné à Vesoul ce que peu de villes françaises possèdent : un titre de gloire immédiatement reconnaissable. « Vesoul », sorti en 1968, n'est pas une ode. C'est une complainte errante, une chanson de départ sans destination, où le nom de la ville devient mantra, refuge, obsession.
Le refrain répète le mot comme un talisman.
La ville, qui compte à peine plus de 15 000 habitants, accueille pendant quelques jours une foule de mélomanes qui ne serait jamais venue autrement pour une préfecture de Haute-Saône.
C'est le paradoxe vésulien. Une notoriété planétaire née d'une chanson triste. Une ville qui vit avec ce fantôme, ni gênée ni exploitante.
Le festival existe, point. Le reste de l'année, Vesoul fait autre chose.
Capitale mondiale de la logistique automobile : l'autre visage
Derrière les pierres anciennes, une autre réalité. Vesoul est le centre mondial de la logistique automobile pour Stellantis, l'ex-PSA Peugeot Citroën. Des entrepôts immenses, des flux de pièces.
L'activité a structuré l'économie locale, créé des emplois, dessiné des paysages industriels à l'orée de la ville.
Personne ne vient à Vesoul pour voir les hangars. Mais cette double identité explique le calme relatif du centre historique. La ville travaille à côté, pas dedans.
Les ruelles médiévales ne sont pas noyées sous les week-enders. Le lac reste accessible. La colline se visite sans file d'attente.
C'est peut-être ça, le luxe de Vesoul. Pas le spectacle, mais la disponibilité.
Le lac de Vesoul-Vaivre : 90 hectares à l'ouest de la ville
À quelques kilomètres du centre, le lac de Vesoul-Vaivre étend ses 90 hectares d'eau. C'est le contrepoint naturel à la colline minérale. En été, les sports nautiques sont possibles.
Le tour du lac fait 5 kilomètres, accessible à pied ou à vélo. Des oiseaux migrateurs s'y posent. Le site est intégré au réseau Refuge LPO.
Les balades au bord de l'eau complètent celles en hauteur. Le matin, la brume peut s'accrocher à la surface. L'après-midi, la lumière traverse les feuillages du bord.
Ce n'est pas un lac de montagne spectaculaire. C'est un lac de plateaux, tranquille, utilitaire dans sa beauté.
Peut-on se baigner dans le lac ?
Oui, en été, les activités nautiques sont accessibles. Le lac n'est pas une piscine surveillée de bord de mer, mais une zone de fraîcheur réelle quand la chaleur monte dans la région.
Combien de temps faut-il pour monter à La Motte ?
La montée depuis le centre-ville se fait à pied. Les sentiers sont réguliers, pas de difficulté technique. L'effort est récompensé par la vue dès le premier belvédère.
L'ascension complète jusqu'à la chapelle est plus courte encore que ce que les cartes suggèrent.
Comment y aller et quand y aller
Vesoul se trouve sur la ligne SNCF Paris, Mulhouse. Les trains directs depuis Paris-Est mettent entre 3h30 et 4h. En voiture, comptez 314 km depuis Paris, 159 km depuis Strasbourg, 90 km depuis Dijon ou Mulhouse.
La ville est au croisement des nationales N19 et N57.
Toute l'année est viable. Le centre historique ne dépend pas d'une saison. Le lac et les sports nautiques sont plutôt estivaux.
Le festival Brel en octobre crée un pic culturel ponctuel. Le reste du temps, Vesoul vit à son rythme, celui d'une préfecture de province qui n'a pas à se presser.
La meilleure fenêtre ? Un week-end de juin, avant l'affluence estivale, ou un séjour en automne pour le festival. La lumière est basse, les pierres du centre prennent une teinte dorée, La Motte se découpe nette contre le ciel.
À Vesoul, la chanson a duré plus longtemps que la gloire. La colline a duré plus longtemps que la chanson. Et les pièces automobiles partent chaque jour, silencieusement, pendant que la ville continue de ne pas se presser.