Cette route des Vosges fut créée pendant la Grande Guerre et dépasse 80 kilomètres

Le vent passe sur les hautes chaumes, puis la route plonge entre deux cols. La lumière change vite, les vallées apparaissent par fragments, et chaque virage ouvre un nouveau silence. De mai à octobre, la Route des Crêtes se parcourt pour ses panoramas, mais aussi pour comprendre pourquoi cet itinéraire existe encore aujourd’hui.

Plus de 80 kilomètres sur une route née dans la guerre

La Route des Crêtes relie le secteur de Cernay-Uffholtz, au sud, au col du Bonhomme et à Sainte-Marie-aux-Mines, au nord. Elle dépasse 80 kilomètres, avec des cols, des chaumes d’altitude et des points de vue ouverts sur les vallées vosgiennes et alsaciennes.

Son origine change le regard porté sur le trajet. La route fut créée pendant la Première Guerre mondiale pour assurer la logistique et la défense sur le front des Vosges. Vous avancez donc sur un itinéraire panoramique dont le tracé répondait d’abord à une nécessité militaire.

Je préfère commencer par cette histoire avant de parler de paysages. Elle donne une épaisseur concrète aux lacets, surtout lorsque la route passe près des sites de mémoire.

Du Vieil Armand au Grand Ballon, la mémoire accompagne les panoramas

Depuis Cernay ou Uffholtz, le Vieil Armand forme une première étape tournée vers les combats de 1914-1918. Les tranchées, la nécropole et le mémorial rappellent la fonction première de la route, tandis que la plaine d’Alsace s’étend au loin.

Plus haut, le Grand Ballon, le Markstein et le Hohneck composent la séquence la plus ouverte du parcours. Les chaumes bordent la chaussée, les fermes-auberges apparaissent sur les hauteurs, et les belvédères invitent à couper le moteur.

Le col de la Schlucht apporte une autre respiration, avec ses départs de randonnée et ses vues sur les vallées. Au nord, le col du Bonhomme mène vers les secteurs du Tanet et du Gazon du Faing. À mon sens, cette alternance entre mémoire et montagne rend la route plus forte qu’une simple succession de panoramas.

Vous pouvez suivre l’itinéraire du sud vers le nord, dans un ordre très lisible. Le trajet commence par l’histoire, gagne ensuite les sommets, puis se termine dans une partie plus sauvage.

Six à huit heures pour laisser les crêtes apparaître

La conduite effective demande environ trois heures, mais une découverte complète prend facilement 6 à 8 heures. Les arrêts, les courtes marches et le déjeuner en ferme-auberge ralentissent naturellement la progression.

Le parcours conseillé commence à Cernay ou Uffholtz, passe par le Vieil Armand, puis rejoint le Grand Ballon. Continuez vers le Markstein, le Hohneck et le col de la Schlucht avant de remonter vers le col du Bonhomme.

Ne cherchez pas à avaler la route d’une traite. Je trouve plus intéressant de garder du temps pour regarder les vallées, marcher quelques minutes et laisser le brouillard modifier le décor.

Quand parcourir la Route des Crêtes ?

De mai à octobre, les conditions sont les plus simples pour profiter des panoramas et des fermes-auberges. La fin du printemps apporte des paysages très verts, tandis que septembre et octobre offrent une lumière plus douce et souvent moins de fréquentation.

En hiver, plusieurs tronçons ferment régulièrement à cause de la neige et du déneigement. Vous devez vérifier l’état du réseau et les éventuels arrêtés avant de partir, même pour une sortie prévue sur une seule journée.

Faut-il prévoir une journée entière ?

Oui, une journée entière convient à une découverte sans longues randonnées. Prévoyez des vêtements chauds, même en été, car le vent et le brouillard peuvent arriver rapidement sur les crêtes.

La route accueille aussi des cyclistes, des motos, des randonneurs et des troupeaux. Conduisez lentement, surtout dans les secteurs de cols. Pour moi, le meilleur moment reste le début ou la fin de journée, quand la lumière accroche les chaumes et que la circulation se calme.

La Route des Crêtes se quitte rarement avec une seule image. Il reste un virage, une ligne de sommets, une plaque commémorative près du Vieil Armand ou la brume posée sur le Hohneck. Le moteur repart, mais les crêtes restent au-dessus de la route.