Ce village savoyard, le plus à l’est de sa région, se dévoile au pied de l’Iseran
La lumière glisse sur les lauzes et accroche les façades de pierre. Les ruelles montent doucement entre les maisons trapues, tandis que l’Arc accompagne les derniers kilomètres de la vallée. Bonneval-sur-Arc, en Savoie, semble attendre au bout du chemin.
Vous arrivez dans la commune la plus à l’est d’Auvergne-Rhône-Alpes, au pied du col de l’Iseran.
Au pied de l’Iseran, la dernière commune de Haute-Maurienne
Bonneval-sur-Arc est la commune la plus à l’est de la région Auvergne-Rhône-Alpes. Elle est aussi la dernière commune de Haute-Maurienne, au fond de la vallée, avant la route du col de l’Iseran vers Val-d’Isère et la Haute-Tarentaise.
Cette position donne une sensation nette lorsque vous approchez. La vallée se resserre, les pentes prennent toute la place et le village apparaît comme une halte avant la montagne. Je préfère cette arrivée progressive aux stations qui se dévoilent d’un seul coup.
Le village appartient au parc national de la Vanoise et porte le label des Plus Beaux Villages de France. Mais son intérêt tient surtout à ce que vous voyez en marchant: des toits à deux pans couverts de lauzes, des balcons de bois et des fenêtres étroites sans volets.
De 1 759 à 3 642 mètres, un village dominé par le relief
Le territoire communal s’étend entre 1 759 et 3 642 mètres d’altitude. Ces chiffres prennent une forme concrète sur place: les maisons restent serrées dans le fond de vallée, tandis que les versants ferment l’horizon.
Vous avancez dans des ruelles où la pierre taillée et la chaux donnent aux façades une teinte mate. Sur les murs exposés au soleil, les galeries de bois prolongent les maisons. Je trouve cette architecture plus convaincante lorsqu’elle reste liée au relief, au froid et à la nécessité de se protéger.
Aucune parabole ni antenne de télévision ne s’impose dans le paysage visible du village. Les réseaux sont majoritairement enterrés, sans câbles aériens ni pylônes apparents. Le regard reste accroché aux toits, aux murs et aux lignes de la montagne.
De Faudan à l’Écot, les hameaux racontent une autre vallée
Bonneval-sur-Arc ne se limite pas au vieux village. Tralenta le jouxte et accueille, avec lui, une population d’environ 250 habitants à l’année. D’autres hameaux restent inoccupés en hiver, dont l’Écot, le plus connu.
À l’Écot, la chapelle Sainte-Marguerite remonte au XIIe siècle. Vous y trouvez une autre échelle de découverte, faite de maisons regroupées et de chemins courts entre les bâtiments. Pour moi, ce hameau donne au paysage une profondeur que le seul centre de Bonneval ne suffit pas à montrer.
La vallée conserve aussi la légende de Faudan. Au Xe siècle, ce hameau aurait été enseveli après la chute d’une montagne, épargnant seulement la maison d’une femme appelée Marguerite. L’histoire appartient au récit local, mais l’image demeure forte: un village disparu sous les rochers, une maison restée debout.
Le nom Bonneval-sur-Arc a été adopté le 4 décembre 1899. Cette date paraît administrative, pourtant elle marque le moment où le village a fixé dans son nom le lien avec la rivière qui accompagne toute l’approche.
Depuis Modane, 42 kilomètres avant le col de l’Iseran
Bonneval-sur-Arc se trouve à 42 kilomètres au nord-est de Modane, en Savoie, au fond de la vallée de la Maurienne. Ce repère suffit pour comprendre l’itinéraire: vous remontez la vallée jusqu’au dernier village avant le col de l’Iseran.
Je recommande de garder du temps pour marcher sans objectif précis dans le vieux village, puis de regarder les façades depuis les ruelles. Les informations disponibles ne précisent ni horaires, ni tarif, ni dispositif particulier pour la visite. La découverte repose donc sur le patrimoine bâti, les hameaux et le paysage.
Le village est-il habité toute l’année ?
Oui. Le vieux village et Tralenta regroupent environ 250 habitants à l’année, tandis que certains hameaux ne sont pas occupés pendant l’hiver. Vous découvrez donc un lieu vivant, avec une présence locale, et non un décor seulement ouvert aux visiteurs.
L’Écot mérite-t-il le détour ?
Oui, si vous aimez les hameaux de montagne et les chapelles anciennes. L’Écot rassemble des maisons rénovées et la chapelle Sainte-Marguerite. Je le préfère au simple passage rapide, car il prolonge la lecture du village par une architecture plus dispersée.
À Bonneval-sur-Arc, la montagne ne sert jamais de fond lointain. Elle encadre les toits, resserre les ruelles et accompagne le regard jusqu’à l’Iseran. Le soir, les lauzes perdent leur éclat, mais les façades gardent encore la lumière.