Ce village comptait 150 cases créoles à son apogée, plusieurs sont encore conservées

À Hell-Bourg, les façades de bois accrochent la lumière humide des Hauts de La Réunion. Les varangues et les lambrequins donnent aux maisons une allure de villégiature ancienne, face aux reliefs du cirque de Salazie. À son apogée, la station thermale comptait 150 cases créoles.

Plusieurs sont encore conservées, comme les témoins d’une époque où les familles aisées venaient chercher ici la fraîcheur et les eaux.

150 cases créoles pour une station à la mode

Hell-Bourg s’est développé autour de sources découvertes en 1831, entre le village et l’Îlet à Vidot. Les premiers curistes dormaient dans des paillotes. Puis les villas ont remplacé les installations précaires, avec une vie mondaine organisée autour des thermes.

Les riches planteurs et les commerçants de la côte faisaient construire leurs résidences près des sources. Les façades en bois, les pièces en enfilade et les varangues couvertes composaient un décor reconnaissable, pensé pour recevoir autant que pour habiter.

Le village prit alors une allure urbaine. Un casino ouvrit ses portes, la route fut prolongée vers les sources et les chaises à porteurs laissèrent progressivement place à un accès routier.

1852, l’année où les thermes ont changé Hell-Bourg

L’établissement thermal créé en 1852 donna au village une nouvelle raison d’exister. Les habitants ne vivaient plus seulement au rythme des cultures et des déplacements dans le cirque. Les curistes apportaient des visiteurs, des résidences secondaires et une clientèle habituée aux séjours mondains.

L’apogée arriva en 1875. Les eaux attiraient les classes aisées du littoral, qui venaient aussi profiter de la fraîcheur de Salazie. Hell-Bourg ressemblait alors à une station d’altitude à la mode, avec ses maisons plus grandes et ses façades travaillées.

Puis le modèle s’est défait. Les grandes familles se sont éloignées, les propriétés ont été partagées et les maisons les plus vastes ont parfois été abandonnées.

Après 1948, les maisons ont gardé la mémoire des thermes

Le cyclone tropical de 1948 a provoqué un éboulement sur les thermes. Les travaux engagés pour dégager les sources les ont finalement obturées. Le développement thermal d’Hell-Bourg s’est arrêté là.

Les sources ont disparu du paysage. Les cases créoles, elles, sont restées. Cette conservation donne aujourd’hui au village son intérêt principal, avec des maisons de la seconde moitié du XIXe siècle et du début du XXe siècle.

La Villa Folio, construite en 1860, est la plus connue. Elle possède une architecture en bois, une varangue et des éléments décoratifs qui rappellent la période des grandes villégiatures. La Villa Barau et la Villa Lucilly complètent cette lecture du patrimoine créole.

Le cimetière ouvert en 1864 ajoute une autre atmosphère à la promenade. Ses tombes en pleine terre sont fleuries, tandis que les bambous ferment doucement l’espace autour des allées.

Que peut-on voir dans le village sans partir sur les sentiers ?

Oui. Les cases créoles, les villas anciennes, le cimetière et la maison Morange permettent déjà de comprendre l’histoire de Hell-Bourg. La maison Morange abrite aujourd’hui le Musée des Musiques et Instruments de l’Océan Indien.

Le village possède aussi une sculpture en bronze de Carlo Sarrabezolles, L’Âme de la France. Retrouvée après le cyclone de 1948, elle est classée monument historique depuis 2004.

Comment rejoindre Hell-Bourg dans le cirque de Salazie

Hell-Bourg est un village de la commune de Salazie, dans les Hauts de La Réunion. La route passe par la Mare à Poule d’eau avant d’atteindre le village, suivant un itinéraire autrefois prolongé jusqu’aux sources thermales.

Le climat subtropical d’altitude est très pluvieux. Avant de partir, consultez les conditions locales et prévoyez une visite souple, surtout si vous souhaitez marcher dans les environs.

Sur place, commencez par les maisons créoles. Les façades ouvragées se regardent lentement, depuis la rue, sous les varangues et les toitures. La lumière change vite ici.

Hell-Bourg est-il aussi un point de départ pour la randonnée ?

Oui. Depuis 2014, le village accueille une base de la station de trail de Salazie. Une dizaine de parcours partent d’Hell-Bourg, vers le plateau de Bélouve, le Trou de Fer ou le Piton des Neiges.

Les itinéraires vont de la sortie courte vers le sommet du Piton d’Anchaing à des montées beaucoup plus exigeantes. Le Cap Anglais mène vers le gîte de la Caverne Dufour, à 2 500 mètres d’altitude, avant l’ascension du Piton des Neiges.

Hell-Bourg se découvre ainsi par ses façades, puis par ses sentiers. Dans une varangue ancienne, les cases créoles racontent la station thermale. Plus haut, la brume reprend ses droits.