On vient voir la tombe de La Buse, mais le pirate n’y est pas enterré

Le sable noir borde l’océan Indien, sous les palmiers et les frangipaniers du cimetière marin de Saint-Paul. Une pierre attire les visiteurs près de l’entrée nord. Ils viennent voir la tombe de La Buse.

Pourtant, le pirate n’y repose pas: le monument est un mémorial, posé dans un lieu créé bien après sa mort.

1730, 1788: la tombe de La Buse raconte une absence

Olivier Levasseur, surnommé La Buse, a été pendu à Saint-Paul en juillet 1730. Le cimetière marin n’a été créé qu’en 1788, soit 58 ans plus tard.

Le calcul suffit. Le monument attribué au pirate ne peut donc pas être sa sépulture d’origine. Vous vous trouvez devant un symbole, pas devant la dernière demeure d’un homme recherché pour son trésor.

Ce paradoxe me paraît plus fort que la légende elle-même.

La pierre se repère facilement à quelques mètres de l’entrée nord. Elle attire les regards parce qu’elle concentre toute une histoire de pirates, de trésor disparu et de récits transmis autour de Saint-Paul.

Le lieu joue avec cette confusion. Une tombe porte un nom célèbre, mais le sol raconte une autre chronologie. La mer est là, le pirate aussi, en quelque sorte.

Sa dépouille, elle, n’y est pas.

Le cimetière marin de Saint-Paul garde d’autres destins

Après le mémorial, prenez le temps de regarder les autres sépultures. Le cimetière raconte l’histoire maritime et littéraire de La Réunion, avec des tombes de marins naufragés et de familles historiques de Saint-Paul.

Leconte de Lisle y est enterré depuis 1977. Sa dépouille a été transférée depuis le cimetière Montparnasse, à Paris, conformément au souhait exprimé dans ses poèmes Le Manchy et Si l’Aurore.

Vous croiserez aussi le poète réunionnais Eugène Dayot et le peintre Arthur Grimaud. Je préfère cette diversité de destins à une visite réduite au seul pirate: elle donne au cimetière une profondeur humaine, sans effacer son décor marin.

Les allées de palmiers et de frangipaniers accompagnent les tombes. Les parterres de crotons ajoutent leurs couleurs à la pierre claire, tandis que la plage de sable noir rappelle constamment la présence de l’océan.

À l’entrée sud de Saint-Paul, la mer accompagne chaque pas

Le cimetière se trouve sur le front de mer, à l’entrée sud de Saint-Paul, sur la route des Premiers Français, en direction de Saint-Gilles. Vous pouvez y aller à pied depuis le centre-ville ou venir en voiture.

L’entrée est libre et gratuite. Le site est annoncé ouvert tous les jours, de 6 heures à 18 heures. Cette amplitude permet de choisir une lumière plus douce, lorsque les tombes prennent une teinte différente face à la plage.

La visite ne demande pas de transformer l’escale en longue expédition. Marchez lentement entre les sépultures, repérez le mémorial attribué à La Buse, puis revenez vers le bord de mer. Mon conseil est simple: gardez un peu de temps pour regarder le paysage après la pierre.

Vous pouvez aussi inscrire ce cimetière dans une promenade à Saint-Paul. Le contraste entre les inscriptions, les végétaux et le sable sombre donne au site une atmosphère singulière, sans qu’il soit nécessaire d’en rajouter.

La tombe de La Buse est-elle vraiment sa tombe ?

Non. Le monument est un mémorial symbolique. Le pirate a été pendu en 1730, alors que le cimetière marin a été créé en 1788, 58 ans plus tard.

Le cimetière marin est-il payant ?

Non, l’entrée est libre et gratuite. Vous pouvez accéder au site par le front de mer de Saint-Paul, à pied depuis le centre-ville ou en voiture.

Entre sable noir et pierre tombale, une légende reste debout

La visite commence avec une question simple: où est réellement enterré La Buse ? Elle se poursuit devant des tombes de poètes, de peintres, de marins et de familles liées à Saint-Paul.

Le trésor continue d’alimenter la légende. Mais sur place, le détail le plus saisissant tient dans la chronologie: le pirate est mort avant la création du cimetière. Vous repartez avec cette contradiction en tête, tandis que l’océan Indien demeure derrière les grilles.