Ce lac de 167 hectares attire les carpistes d'Europe mais reste vide en août
Un matin d'août au lac de Maury, le silence règne sur 167 hectares d'eau noire. Pas un parasol, pas une serviette sur les berges. Pourtant, ce lac de barrage en forme de V, niché à 588 mètres d'altitude dans l'Aveyron, offre tout ce qu'on attend d'une destination estivale. Mais « le lac est peu fréquenté par les touristes même en période estivale », confirme l'office de tourisme départemental. Comment un tel joyau reste-t-il invisible ?
Un lac de gorges que même les Aveyronnais redécouvrent
La route serpente depuis Saint-Amans-des-Côts, révélant par bribes le plan d'eau. Premier aperçu : un V parfait taillé dans les contreforts de l'Aubrac. La Selves et le Selvet convergent ici depuis 1947, year de mise en eau du barrage-voûte.
Quatre kilomètres de retenue, jusqu'à 45 mètres de profondeur. Le barrage de béton, haut de 65 à 81 mètres selon les mesures, alimente la centrale hydroélectrique de Lardit. 43 MW de puissance, 95 GWh produits chaque année pour EDF.
À 3h15 de Toulouse, 4h30 de Lyon, ce lac artificiel reste dans l'ombre du géant voisin. Sarrans s'étend sur 35 kilomètres et 1000 hectares. Maury fait figure de petite sœur discrète, préservée des foules qui envahissent les stations lacustres.
167 hectares où les carpes de 20 kg sont plus nombreuses que les baigneurs
Des eaux profondes qui attirent les carpistes de toute l'Europe
Les chiffres parlent d'eux-mêmes : carpes dépassant 20 kg, poids moyen de 12 kg. 60 % de carpes miroirs, 40 % de communes. « Le lac de Maury attire les carpistes de toute l'Europe », souligne la mairie de Saint-Amans-des-Côts.
Privilège rare en France : la pêche de nuit autorisée sur 100 % du lac, toute l'année. Gestion AAPPMA de la Viadène, domaine privé de l'État garantissant l'accès aux berges. Seule restriction : l'anse de la Selves, fermée du premier lundi d'avril au deuxième vendredi de juin.
Un barrage hydroélectrique devenu sanctuaire naturel
Construction débutée en 1940, achevée en 1947. L'industrie a créé un écrin naturel par accident. Marnage journalier de 50 centimètres qui révèle des micro-plages changeantes.
Les extrémités des bras restent peu profondes, maximum 10 mètres. Nombreuses plages naturelles pour la baignade. Le centre escarpé plonge dans les anciens lits de rivières. Forêts ennoyées et tombants rocheux typiques des lacs de gorges de la Truyère.
L'Aubrac sans la foule : aligot, randonnées et couchers de soleil sur l'eau
Base nautique confidentielle et plages sauvages
Location de barques, paddles et pédalos à la plage des Tours. Estimation 10 à 25 € de l'heure, selon l'équipement. Baignade gratuite sur les plages naturelles des campings de la Romiguière.
Parc aquatique Aqu'Aloa en été. Pas d'infrastructures lourdes, pas de parking payant. Ambiance familiale préservée. Attention aux orages estivaux violents, prévient la fédération de pêche. « L'accès aux postes de pêche depuis la berge est souvent délicat, l'exploration est plus facile avec une embarcation », précise le guide local.
Gastronomie de l'Aubrac à prix d'ami
Aligot de l'Aubrac dans les auberges locales : purée de pommes de terre à la tome fraîche. 15 à 22 € le repas du jour, 25 à 40 € les menus aveyronnais complets.
Viande bovine Aubrac, charcuteries, fromage de Laguiole AOP. Le village de Laguiole et ses couteaux artisanaux à 13,5 km. Hébergement rural : 40 à 70 € la nuit en gamme basse, 70 à 110 € en confort standard. Contre 120 à 220 € dans les stations alpines équivalentes.
Le luxe du silence à 3h15 de Toulouse
Contraste saisissant avec Pareloup, 1h30 plus au sud. Pareloup affiche complet en juillet-août, parkings saturés, plages bondées. Maury garde ses berges vides, ses eaux calmes.
Automne spectaculaire : forêts orangées et rouges de l'Aubrac se reflètent dans le V d'eau noire. Accessible depuis les grands axes, mais hors des circuits mainstream. « Une base de loisirs aquatiques s'y installe progressivement sur ses rives », note le guide Tarn-Aveyron.
Sentiment d'avoir découvert un trésor oublié. Paradoxe géographique parfait : assez proche pour un week-end, assez confidentiel pour l'authenticité.
Vos questions sur le lac de Maury répondues
Quelle est la meilleure période pour visiter le lac de Maury ?
Juin à septembre pour les activités nautiques et la baignade. Températures estivales de 20 à 26°C le jour. Mai-juin et septembre-octobre pour le calme absolu, les randonnées et la photographie. Couleurs automnales exceptionnelles de l'Aubrac. Éviter avril-début juin si pêche dans l'anse de la Selves, fermée par réserve temporaire.
Combien coûte un séjour au lac de Maury ?
Hébergement : 40 à 110 € la nuit selon la gamme, contre 120 à 220 € en stations touristiques. Restauration : 15 à 40 € par repas. Pêche : carte AAPPMA de 80 à 110 € par an ou 15 à 25 € la journée. Activités nautiques : 10 à 25 € de l'heure. Total week-end deux personnes : 200 à 400 € tout compris, contre 500 à 800 € en destinations classiques.
Le lac de Maury est-il comparable au lac de Sarrans ?
Sarrans : 35 km de long, plus de 1000 hectares, base nautique développée, plus fréquenté. Maury : 4 km, 167 hectares, confidentiel. Même vallée de la Truyère, mêmes paysages de gorges et forêts ennoyées. Maury est la version intime, idéale pour chercher la tranquillité plutôt que l'animation de Sarrans.
Fin d'après-midi au lac de Maury. Le soleil décline derrière les crêtes de l'Aubrac, projetant des reflets dorés sur le V d'eau noire. Une barque glisse sans bruit vers l'anse de la Selves. Au loin, le barrage-voûte de béton tranche dans la forêt. Vous êtes seul avec l'Aveyron sauvage.