Arthrose du genou après 65 ans : ce que les médecins recommandent vraiment en 2026

Monter un escalier, se relever d’une chaise, faire les courses un peu trop longtemps, et le genou se rappelle à vous. Après 65 ans, cette douleur n’a rien de rare, mais le message des médecins en 2026 est plus clair qu’on ne le croit: on ne vous recommande pas d’abord le repos, ni les traitements “miracles”, mais une prise en charge active, progressive, et suivie.

Les chiffres donnent l’ampleur du sujet. Selon l’Inserm, repris par la Fondation pour la Recherche Médicale le 1er février 2026, l’arthrose concerne environ 10 millions de personnes en France, soit près d’1 Français sur 6. L’Inserm rappelle aussi que l’arthrose touche 65% des plus de 65 ans et 80% des plus de 80 ans.

Mais fréquent ne veut pas dire “inutile à traiter”. C’est même l’inverse.

Ce que les médecins placent en premier: bouger, mais autrement

Le socle, aujourd’hui, reste l’activité physique adaptée. La Haute Autorité de Santé, dans ses recommandations reprises en 2023, place l’exercice au cœur du traitement de l’arthrose, avec l’éducation du patient, le contrôle du poids si besoin, le renforcement musculaire et les exercices fonctionnels pour la hanche et le genou.

Le point important, c’est la nuance. Il ne s’agit pas de forcer sur un genou douloureux ni de “marcher coûte que coûte”. La fiche HAS de novembre 2023 recommande de commencer par une activité d’intensité modérée, comme la marche, en adaptant l’effort pour ne pas déclencher ou aggraver la douleur.

Bouger, oui. N’importe comment, non.

Depuis deux décrets de mars 2023, rappelés sur pour-les-personnes-agees.gouv.fr, certaines personnes atteintes de maladies chroniques ou en perte d’autonomie peuvent aussi bénéficier, sous conditions, d’une prescription d’activité physique adaptée par le médecin. Pour un senior gêné au quotidien, c’est loin d’être un détail.

Faut-il se reposer quand le genou fait mal ? Pas au long cours

C’est une idée tenace. Pourtant, les recommandations vont dans l’autre sens: éviter l’immobilité prolongée. Le repos peut avoir sa place pendant une poussée très douloureuse, mais il ne constitue pas le traitement de fond de l’arthrose du genou.

Pourquoi ? Car un genou qui bouge moins perd vite en force, en souplesse et en stabilité. Et chez les plus de 65 ans, cela peut peser lourd sur l’autonomie, la marche, la confiance dehors, parfois même sur les sorties les plus simples.

Le but du traitement n’est pas seulement de calmer la douleur. C’est de garder une vie praticable.

Paracétamol et anti-inflammatoires: ce qui est encore conseillé, et ce qui ne l’est plus

Sur les médicaments, le message est plus prudent qu’avant. Les recommandations mises à jour le 11 octobre 2022 indiquent qu’il n’y a pas lieu de prescrire le paracétamol comme traitement de fond de l’arthrose du genou, car son efficacité à long terme est faible et sa prise prolongée expose à des effets indésirables, notamment hépatiques et cardiovasculaires.

En pratique, il peut être réservé à des cures courtes pendant les poussées douloureuses, notamment si les anti-inflammatoires non stéroïdiens, les AINS, ne conviennent pas. C’est plus sobre. Mais c’est le cap actuel.

Pour les AINS, la prudence est encore plus nette après 65 ans. Les consignes rappelées en 2025 insistent sur une durée limitée, souvent quelques jours, à cause des risques digestifs, cardiovasculaires et rénaux chez les sujets âgés. Les formes locales, comme certains gels ou crèmes, peuvent être proposées pour soulager localement tout en limitant l’exposition générale du corps.

Injections: lesquelles gardent une place, lesquelles sortent des recommandations ?

Toutes les injections ne se valent pas. Les synthèses de recommandations publiées en juillet 2023 gardent une place aux injections intra-articulaires de corticoïdes pour le genou, dans certaines situations, surtout lors d’une poussée douloureuse. Mais cela reste encadré, ponctuel, et décidé avec le médecin.

En revanche, ces mêmes synthèses écartent clairement les injections d’acide hyaluronique et de cellules souches des traitements standard de l’arthrose du genou, faute de bénéfice jugé suffisant ou de données assez solides. Là aussi, le message est simple: ce n’est pas parce qu’une technique circule beaucoup qu’elle entre dans les recommandations.

PRP, hydrogel, promesses de “régénération” du cartilage, prolothérapie: ces approches existent dans le débat public, mais elles ne font pas partie, à ce jour, des recommandations officielles de la HAS pour le traitement courant de l’arthrose du genou.

La prothèse du genou, vraiment recommandée après 65 ans ? Seulement après échec du reste

Beaucoup de patients redoutent la même suite. Douleur, radios, puis prothèse. Mais les recommandations modernes de prise en charge conservatrice disent autre chose: la chirurgie reste une option de dernier recours, après échec d’une stratégie bien menée associant exercice, rééducation, adaptation pondérale si nécessaire et traitement antalgique adapté.

Un document de qualité publié en 2023 recommande de poursuivre les exercices thérapeutiques pendant 3 à 6 mois avant d’envisager une intervention chirurgicale, en adaptant le programme aux capacités de la personne. Et des chirurgiens orthopédistes français rappelaient encore en avril 2026 qu’une prothèse totale de genou n’est pas une urgence: elle s’envisage quand la douleur devient quotidienne, invalidante, et gêne vraiment la marche, le sommeil ou la qualité de vie.

Ce que les médecins regardent aussi: sommeil, moral, autonomie

L’arthrose du genou ne se résume pas à une articulation usée. Une enquête publiée en juin 2025 avec l’Inserm, la Société française de rhumatologie et la Fondation Arthritis montre que plus de 90% des personnes souffrant de rhumatismes déclarent un impact sur le sommeil et le moral.

C’est pour cela que la prise en charge recommandée est globale. Douleur, activité physique, prévention de la perte d’autonomie, risque d’isolement, parfois soutien psychologique ou éducation thérapeutique: tout compte. Surtout avec l’âge.

Si votre genou vous empêche de marcher plus, de dormir ou de sortir, ce n’est pas “juste de l’arthrose”. C’est un signal à reparler avec votre médecin.

En 2026, la ligne des médecins est donc assez nette: activité physique adaptée, rééducation, prudence avec les médicaments, tri strict entre les injections, et chirurgie seulement après échec du traitement conservateur. Ces informations restent générales: pour votre cas, vérifiez toujours avec votre médecin et les sources publiques officielles.

Sources

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