À Bonifacio, une grotte abrite la Dame datée de 6500 à 7000 av. J.-C

Le vent salé arrive avant les remparts, et la lumière blanche accroche les façades au-dessus de la mer. À l’entrée de Bonifacio, une grotte ramène pourtant le regard bien loin de la citadelle et du port. La grotte de l’Araguina a livré la Dame de Bonifacio, un squelette féminin daté entre 6500 et 7000 avant Jésus-Christ.

Cette découverte change l’échelle du lieu. Sous les falaises et les ruelles, la présence humaine remonte à une époque que les pierres de la ville ne racontent pas.

La Dame de Bonifacio, une présence humaine vieille de plusieurs millénaires

La Dame de Bonifacio a été découverte en 1972, sous la grotte dite de l’Araguina, par les archéologues François de Lanfranchi et Michel Claude Weiss. Le site se trouve à l’entrée de la ville. Le fait est saisissant par sa simplicité: une femme a été retrouvée là, dans cette cavité, des millénaires avant l’histoire de la citadelle.

Je trouve ce contraste plus fort que les panoramas attendus. Bonifacio attire le regard vers la mer, mais cette grotte oblige à imaginer une autre scène, beaucoup plus ancienne, dans la pénombre de la roche.

Avant la citadelle, la baie de Bonifacio était déjà habitée

Les recherches menées sur le littoral et dans l’arrière-pays montrent que la baie était occupée dès le Néolithique, entre 5000 et 2500 av. J.-C.. La Dame de Bonifacio appartient à cette profondeur du temps.

Elle donne un visage à une occupation que l’on résumerait trop vite à quelques traces archéologiques.

La ville actuelle a une histoire bien plus récente, même si elle paraît ancienne au visiteur. Sa refondation est située entre 828 et 833, puis les Génois ont marqué la cité et façonné sa citadelle. Deux mémoires cohabitent ici: celle des murailles au-dessus de l’eau, celle d’une grotte à l’entrée de la ville.

Où se trouve la grotte de l’Araguina ?

La grotte de l’Araguina se trouve à l’entrée de Bonifacio, à l’extrême sud de la Corse. Les informations disponibles permettent de la situer dans l’approche de la ville, sans transformer cette découverte en parcours balisé. Vous pouvez déjà regarder ce seuil urbain autrement.

À Bonifacio, les falaises portent une histoire beaucoup plus récente

Bonifacio s’étire sur un cap de calcaire qui domine la mer. Le port est en contrebas, la vieille ville se tient plus haut, derrière ses murs. Cette architecture capte immédiatement l’attention, mais elle ne doit pas effacer l’Araguina, dont la découverte donne au paysage une épaisseur inhabituelle.

Les bouches de Bonifacio séparent la Corse de la Sardaigne. Depuis les hauteurs, l’horizon ouvre cette direction maritime. J’aime cette arrivée par étapes: la mer, les falaises, les constructions, puis l’idée qu’une grotte proche de l’entrée conserve la trace d’une femme datée de plusieurs milliers d’années avant notre ère.

Figari-Sud-Corse à 18 km, puis l’entrée de Bonifacio

L’aéroport de Figari-Sud-Corse se trouve à 18 km au nord de Bonifacio. C’est le repère concret le plus simple pour atteindre l’extrême sud de l’île. La cité comporte un port et une citadelle, deux visages visibles dès l’approche.

La saison n’est pas le sujet de cette halte, car la Dame de Bonifacio ne dépend ni d’une lumière précise ni d’un calendrier. Elle donne plutôt une raison de ralentir avant les remparts. Ici, l’entrée de la ville commence dans une grotte.