Une vingtaine d’habitants, un château du XIIIe siècle et une église romane : ce hameau catalan intrigue

La route grimpe en lacets depuis Olette, dans les replis du Haut-Conflent. Puis les mêmes murs de schiste apparaissent, un après l'autre, jusqu'aux toits de lauzes du hameau. On entend surtout le silence ici.

Évol ne se traverse pas par hasard: il faut vouloir y monter, jusqu'à 800 mètres d'altitude.

420 habitants en 1851, une vingtaine aujourd'hui: ce qui reste du hameau

Évol comptait 420 habitants en 1851. L'exode rural a vidé les maisons une à une, comme dans tant de villages de montagne du Conflent. Aujourd'hui, une vingtaine de résidents seulement font vivre le hameau à l'année.

Rattaché administrativement à la commune d'Olette, Évol a pourtant gardé son nom et son caractère.

Ce vide a presque tout sauvé. Les murs écroulés ont été remontés, toit après toit, en respectant les techniques d'origine, schiste et lauzes. C'est ce travail qui vaut à Évol son classement parmi Les Plus Beaux Villages de France depuis 2003.

Le label récompense un village entier, pas une ruine isolée.

Une tour de 1260 et une église romane, debout côte à côte

Le château fut construit en 1260 par Guillaume de So. Évol devient vicomté en 1337, le temps d'un siècle où cette famille règne sur la vallée. Il n'en reste aujourd'hui qu'une tour en bon état et des pans de murs en ruines, inscrits aux monuments historiques en 1982.

Juste en dessous veille l'église Saint-André, bâtie au XIe siècle et remaniée au XVIIIe. Elle a été classée monument historique en 1943 et conserve plusieurs objets protégés à ce titre. Un peu plus bas, la chapelle Saint-Étienne du XIVe siècle complète cet ensemble religieux, reconstruite au XVIIIe siècle au pied du château.

Que reste-t-il du château aujourd'hui ?

Une tour en bon état et des murs en ruines, inscrits aux monuments historiques depuis 1982. Le site domine le village depuis le XIIIe siècle, sans avoir jamais été reconstruit en totalité.

Les fées, les sorcières et le curé qui bénissait les troupeaux

Une légende locale fait d'Évol une terre d'accueil pour les fées et les sorcières. Elles hantaient, dit-on, les montagnes jusqu'au gorg nègre, un lac noir accroché aux hauteurs au-dessus du village. Avant de monter les troupeaux en estive, les habitants suivaient le curé jusqu'au Conjurador, un lieu attenant à l'église.

Là, il exorcisait le mauvais sort avant la transhumance.

Le musée installé dans l'ancienne mairie-école raconte cette vie pastorale. Il garde aussi le souvenir de l'écrivain Ludovic Massé, né à Évol en 1900.

Évol est-il encore une commune à part entière ?

Non. Né commune à la Révolution française, Évol a été rattaché à Olette en 1827. Le hameau a gardé son nom, son église et son château, mais dépend administrativement d'Olette depuis près de deux siècles.

Comment y aller et quand y aller depuis Olette

Évol se trouve à deux kilomètres au nord-ouest d'Olette, gare du Train Jaune, dans le Haut-Conflent. Comptez environ une heure de route depuis Perpignan pour rejoindre ce coin du parc naturel régional des Pyrénées catalanes.

L'été reste une bonne saison pour grimper jusqu'au village. Les ruelles en escalier se prêtent à la marche.

La tour du XIIIe siècle regarde la vallée, presque seule. Vingt habitants suffisent à garder les volets ouverts.