Une passerelle vitrée surplombe à 60 m ce canyon né sous les glaciers
La fraîcheur remonte de la rivière et accroche les parois sombres. Dans la forêt de hêtres, les escaliers et les passerelles guident le regard vers un couloir de pierre où l’eau a travaillé sans ménagement.
Les Gorges du Pont du Diable, à La Vernaz en Haute-Savoie, rouvrent leur parcours pour la saison 2026, du 4 avril à la fin septembre. On vient y chercher ce face-à-face avec le vide, mais le vrai spectacle commence sous les pieds.
Au Pas du Diable, une vitre à environ 60 m au-dessus de la Dranse
Le Pas du Diable avance au-dessus des gorges avec une plateforme vitrée suspendue à environ 60 mètres. Vous voyez la Dranse de Morzine loin sous la semelle, coincée dans le calcaire, tandis que les parois se resserrent autour d’elle.
Le vertige arrive vite. Cette halte vaut le détour pour la sensation physique qu’elle provoque, à condition d’aimer regarder vers le bas.
Le canyon garde la trace d’un ancien cours d’eau sous-glaciaire. L’eau s’est infiltrée dans les fractures du calcaire, a creusé une cavité, puis l’effondrement de la voûte a ouvert les gorges que l’on traverse aujourd’hui.
Le parcours convient-il si l’on a le vertige ?
Non, il faut éviter la visite si le vide vous paralyse. Le parcours comprend des passerelles, des escaliers fixés à la roche et le Pas du Diable, avec de nombreux points où la rivière apparaît très bas.
Un pont de roche, des marmites et une eau qui a sculpté le calcaire
Le nom du lieu vient d’un énorme bloc rocheux coincé entre les deux parois après un ancien éboulement. Ce pont naturel ferme le regard au-dessus du défilé et donne à l’ensemble une allure de décor refermé sur lui-même.
Plus bas, les marmites de géant racontent le même travail patient de l’eau. Quand la lumière atteint la pierre, les creux et les surfaces lissées changent de relief, et l’on comprend mieux pourquoi le parcours ne se résume pas à une seule passerelle.
Le site accueille des visiteurs depuis 1893, lorsque des marches dans la roche et des passerelles ont été installées. Il a été classé le 18 mai 1908 pour sa valeur esthétique, bien avant les aménagements actuels.
Cette longue histoire touristique ne retire rien à la sensation de canyon brut. Les garde-corps rassurent, mais l’eau, la pierre et l’étroitesse des parois restent les maîtres du passage.
À La Vernaz, la fraîcheur du canyon change la sortie d’été
Les gorges se trouvent à La Vernaz, le long de la Dranse de Morzine, entre Thonon-les-Bains et Morzine. L’entrée est indiquée au 205, route des Grandes Alpes, au Jotty.
La visite demande environ 45 minutes à 1 heure. Il faut compter près de 110 à 120 mètres de dénivelé et beaucoup de marches, donc des chaussures à semelle adhérente me paraissent indispensables.
Le fond des gorges reste frais pendant l’été. Arriver le matin, un jour de semaine et hors juillet-août offre une visite plus calme, avec davantage de temps pour s’arrêter devant la rivière.
Faut-il réserver et combien coûte la visite ?
La réservation n’est pas nécessaire pour les visiteurs individuels. Le tarif adulte est indiqué autour de 18 à 19 euros, celui des enfants de 4 à 15 ans à 14 euros, et l’entrée est gratuite avant 4 ans.
Près de 60 000 visiteurs fréquentent le site. Pourtant, dès que les marches descendent sous les arbres, il reste ce bruit continu de la Dranse et cette vitre suspendue au-dessus du canyon.