Promis à l’engloutissement, ce château du Cantal garde les pieds dans le lac

Au bord du lac de Bort-les-Orgues, les murailles du château de Val semblent toucher l’eau. La pierre sombre, les toits pointus et la rive serrée contre le bâtiment composent une scène étrange, presque suspendue. Vous arrivez devant un château qui devait disparaître sous le barrage, mais qui demeure là, les pieds dans le lac.

Le barrage de Bort-les-Orgues devait faire disparaître le château

En 1946, la famille d’Arcy est expropriée pour l’inondation de la vallée liée au barrage de Bort-les-Orgues. Le mobilier part avec elle, car le château de Val semble alors condamné. La hauteur prévue pour l’engloutissement est finalement revue à la baisse.

Le bâtiment échappe aux eaux, son parc y reste. Aujourd’hui, le lac artificiel arrive au pied des murailles et transforme l’ancien promontoire en presqu’île rocheuse. Cette proximité donne au lieu son allure singulière, surtout lorsque la lumière se pose sur l’eau calme.

Le château reste pourtant vulnérable après ce sauvetage. Sans surveillance, il est pillé en 1949, avant qu’un gardien ne s’y installe en 1951. Deux années plus tard, EDF le vend à la ville de Bort-les-Orgues pour un franc symbolique.

Du XIIIe siècle aux tours coiffées en poivrière

Les fondations du château de Val remontent au XIIIe siècle. Le château visible aujourd’hui est construit aux XIVe et au début du XVe siècle, puis remanié et restauré à plusieurs reprises. Son corps de logis rectangulaire garde une silhouette nette face au lac.

Les tourelles d’angle, leurs mâchicoulis et leurs toits en poivrière attirent le regard avant même l’entrée. À l’intérieur, la visite mène vers la chapelle Saint-Blaise, le chemin de ronde et les vues ouvertes sur le rivage. Ici, le paysage fait partie de l’architecture.

Le château est classé monument historique depuis le 23 septembre 1946. Le classement arrive donc la même année que l’expropriation liée au barrage. Ce contraste raconte bien le destin du site: protégé sur le papier, puis menacé par l’eau.

Que peut-on voir pendant la visite du château de Val ?

La visite, libre ou guidée, permet de découvrir la chapelle gothique, les tours et le chemin de ronde. Le panorama sur le lac complète le parcours. Prenez le temps de regarder dehors: c’est depuis les ouvertures du château que son voisinage avec l’eau devient le plus frappant.

Chaque été, le château accueille aussi des peintres

Chaque été, une exposition de peinture contemporaine prend place dans le château de Val. Les artistes ont pour habitude de croquer le site, et une collection s’est constituée au fil des éditions. Cette présence de la peinture évite au château de rester figé dans son seul passé médiéval.

Le site a enregistré 28 167 entrées payantes en 2017. Ce chiffre dit quelque chose de simple: le château attire bien au-delà des visiteurs de passage sur les rives du lac. Mais son meilleur effet reste visuel, quand les tours se découpent au-dessus de la ligne d’eau.

Une rive, des murs, des reflets.

À Lanobre, une visite ouverte jusqu’au 1er novembre 2026

Le château de Val se trouve à Lanobre, dans le Cantal, près de Bort-les-Orgues, au bord du lac de Bort-les-Orgues. L’accès mène directement vers le site, sur la rive auvergnate du lac. Cette localisation explique le décalage étonnant entre la commune où se trouve le château et la ville corrézienne qui en est propriétaire.

En 2026, les visites sont annoncées du 7 février au 1er novembre, avec des horaires qui changent selon les périodes. Le tarif adulte indiqué est de 8 €, tandis que l’entrée est gratuite pour les moins de 6 ans. Les jours lumineux mettent l’eau en scène, mais les ciels plus chargés donnent aussi aux murs une présence plus dense.

Le château de Val appartient-il au Cantal ou à la Corrèze ?

Le château se trouve bien à Lanobre, dans le Cantal. Il appartient toutefois à la ville de Bort-les-Orgues, en Corrèze, depuis sa revente par EDF en 1953. Cette frontière administrative ne change rien à la scène: les murailles regardent le lac depuis le Cantal.

En repartant, l’image reste simple: un château médiéval sauvé de l’engloutissement, accroché à une rive qui n’existait pas autrefois. L’eau vient jusqu’aux pierres. Elles tiennent toujours.