Pourquoi une Vénus préhistorique porte-t-elle le nom de cette bastide de Dordogne ?

La pierre blonde attrape la lumière sous les arcades. Vous avancez entre les façades anciennes, avec la place des Cornières qui apparaît au bout d’une rue droite. À Monpazier, cette bastide de Dordogne a aussi donné son nom à une statuette préhistorique découverte dans la commune.

La visite se prête à toute l’année, avec une préférence pour les heures calmes.

5,5 cm de pierre pour une Vénus devenue célèbre

La statuette mesure 5,5 cm. Elle est façonnée dans une pierre à base de limonite, avec les traits caractéristiques des Vénus paléolithiques.

Sa représentation insiste sur les caractères sexuels, surtout sur la vulve. Le détail le plus frappant reste sa petite taille, face à l’ancienneté que lui attribuent les préhistoriens.

La statuette a été datée du Gravettien, entre 31 000 et 22 000 BP. Cette période appartient au Paléolithique supérieur.

Elle présente aussi une ressemblance marquée avec la Vénus de Grimaldi, surnommée « Polichinelle ». Ses hanches minces la distinguent parmi ces représentations préhistoriques.

Un fac-similé est exposé au musée d’Archéologie nationale de Saint-Germain-en-Laye. Vous comprenez alors pourquoi Monpazier apparaît dans le nom, même si la statuette a quitté le paysage de la bastide.

Avril 1970, le silex qui mène à une découverte

L’histoire commence en avril 1970, dans un champ labouré de Monpazier. Le bijoutier Élisée Cérou y recherche des silex lorsqu’il découvre la statuette.

Il la conserve dans sa boutique. En juillet, un groupe de préhistoriens passe par hasard devant le commerce, parmi eux Jean Clottes.

Les spécialistes remarquent l’objet, puis l’authentifient comme une statuette gravettienne. Le hasard a ici une efficacité rare.

Le nom de la commune s’impose ensuite pour désigner la découverte. Vous pouvez encore parcourir les rues de la bastide en gardant cette histoire en tête, sans chercher un musée dans chaque maison.

1284, la bastide qui se lit à pied

Monpazier a été fondée en 1284 sous Édouard Ier d’Angleterre. Son plan reste très lisible, avec des rues droites qui se croisent à angle droit.

La place des Cornières rassemble les maisons à couverts et la halle. L’église Saint-Dominique se trouve juste à proximité.

Le village se découvre surtout par son ensemble urbain. Une façade blonde, une arcade sombre ou une ruelle qui débouche sur la place suffisent parfois à retenir le regard.

Le marché traditionnel du jeudi matin anime la place et s’étend dans les rues en saison. C’est le meilleur moment pour voir Monpazier quitter son silence de pierre.

Les boutiques d’artisans, les galeries et les produits du Périgord ajoutent une présence actuelle à ce décor ancien. Le village porte aussi le label Les Plus Beaux Villages de France et celui de Ville et Métiers d’Art depuis 2019.

Depuis Bergerac ou Sarlat, une escale de quelques heures

Monpazier se trouve dans l’extrême sud de la Dordogne. La voiture reste le moyen le plus pratique pour rejoindre la bastide et poursuivre vers Biron ou Cadouin.

La visite fonctionne toute l’année. Je recommande le jeudi matin pour le marché, sinon tôt le matin ou en fin d’après-midi, quand la lumière accroche les pierres.

Le stationnement est gratuit toute l’année. Le village est indiqué comme accessible aux personnes à mobilité réduite et aux poussettes.

Le marché du jeudi matin change-t-il la visite ?

Oui. Le marché traditionnel se tient sur la place des Cornières, puis gagne les rues en saison.

C’est le créneau le plus vivant. Vous voyez les arcades servir de façade au marché, tandis que la bastide garde son plan parfaitement lisible.

Combien de temps prévoir sur place ?

Prévoyez 1 h 30 à 3 h pour flâner, déjeuner et visiter tranquillement.

Ce format me paraît idéal pour associer la place, l’église, les ruelles et les boutiques d’artisans. L’après-midi peut ensuite continuer vers le château de Biron.

À la fin de la visite, la place des Cornières reste souvent l’image la plus nette. Une halle, des arcades, la pierre blonde. Puis le nom de Monpazier revient, accroché à une statuette minuscule, quelque part entre un champ et la préhistoire.