Pendant la guerre, ce village de Touraine a vu passer plus de 2000 clandestins vers la zone libre
La lumière glisse sur les champs de Touraine, puis la pierre apparaît, immobile, trouée par le temps. À Draché, en Indre-et-Loire, cette présence ancienne côtoie une mémoire beaucoup plus récente. La Pierre percée, un menhir de 4 mètres, rappelle que le village fut aussi un passage clandestin vers la zone libre pendant la Seconde Guerre mondiale.
Plus de 2 000 clandestins ont franchi la ligne près de Draché
Après l’Armistice du 22 juin 1940, Draché se retrouve en zone occupée, à proximité de la zone libre. Des familles juives, des aviateurs alliés, des résistants et des agents secrets cherchent alors un passage. La ligne de démarcation coupe les familles et transforme les chemins ordinaires en itinéraires dangereux.
À Draché, l’abbé Henri Péan organise des groupes de résistance. Marie-Thérèse et Jean Michau gardent le poste de T.S.F., tandis que les secrétaires de mairie délivrent de faux papiers. Ces gestes discrets permettent aux réseaux locaux de faire passer plus de 2 000 clandestins en zone libre.
Le chiffre frappe, mais les détails racontent mieux le risque. Il fallait transmettre un renseignement, cacher une personne, trouver un document et éviter les contrôles. Les mêmes réseaux font aussi passer plusieurs centaines d’aviateurs vers l’Espagne.
La Gestapo démantèle le réseau Marie-Odile en février 1944. Arrêté le 13 février, Henri Péan meurt sous la torture à Tours le 28 février. Jean Michau est arrêté le 16 février et meurt à Bergen-Belsen le 16 avril 1945.
Draché garde cette histoire dans une gravité sans décor.
La Pierre percée remonte entre 2 500 et 2 000 avant notre ère
Le menhir change complètement le regard porté sur la commune. Dressé depuis la fin du Néolithique, il atteint 4 mètres et porte une ouverture qui a nourri plusieurs récits. En vous approchant, vous voyez d’abord la masse de la pierre, puis ce trou qui donne son nom au monument.
La Pierre percée est classée monument historique depuis 1911. Elle appartient au patrimoine de Draché, mais sa présence dépasse la simple curiosité archéologique. Une pierre aussi ancienne, installée dans un village marqué par la guerre, crée un contraste rare à l’échelle d’une même halte.
Une légende affirme que les enfants passant la tête dans l’ouverture seraient protégés des maladies. Une autre concerne les jeunes mariés, qui échangeraient un bouquet à travers la pierre pour se préserver du divorce. Cette pratique est encore donnée comme persistante.
Une troisième histoire évoque des Sarrasins enterrés au pied du menhir après la bataille dite de Poitiers, en 732. La pierre ne livre aucune réponse. Elle garde son trou.
À Draché, l’été accompagne une halte entre mémoire et patrimoine
Draché se trouve en Indre-et-Loire, dans le secteur de Sainte-Maure-de-Touraine, en région Centre-Val de Loire. Pour préparer votre venue, retenez ce cadre précis : une commune rurale, un menhir classé et une histoire directement liée à la ligne de démarcation.
Le seul repère saisonnier disponible concerne l’été, décrit comme peu pluvieux dans cette partie de la moyenne vallée de la Loire. Les lieux de mémoire demandent une visite attentive. Le meilleur angle reste celui d’une escale courte, centrée sur la Pierre percée et l’histoire de la Résistance.
Que voit-on à la Pierre percée ?
Vous voyez un menhir néolithique haut de 4 mètres, percé d’une ouverture. Son classement au titre des monuments historiques date de 1911, et les légendes locales donnent à ce passage une dimension familiale et symbolique.
Pourquoi Draché compte-t-il dans l’histoire de la Résistance ?
Draché se trouvait en zone occupée, près de la zone libre. Des résistants locaux y ont organisé des passages, fabriqué de faux papiers et transmis des renseignements. Plus de 2 000 clandestins ont ainsi rejoint la zone libre.
À Draché, la pierre et la guerre se répondent sans se confondre. D’un côté, un menhir dressé depuis plusieurs millénaires. De l’autre, des chemins empruntés dans l’urgence, entre faux papiers et postes de radio.
Le trou de la Pierre percée reste ouvert sur la lumière.