Moins connu que Padirac, ce gouffre lozérien concentre 400 colonnes de pierre et un funiculaire de 193 m
400 colonnes de pierre dressées à 100 m sous le causse Méjean. Louis Armand, forgeron au Rozier, y descendit le premier le 19 septembre 1897. Depuis, personne n’emprunte plus la cheminée d’origine. Un funiculaire de 193 mètres fait le travail en deux minutes et demie.
110 m de long, 60 m de large : la salle où Notre-Dame tiendrait debout
La salle principale se situe à −100 m sous la surface du causse. Elle mesure 110 m de long, 60 m de large et 45 m de hauteur moyenne. C’est dans cet espace que se concentre la « forêt » de plus de 400 stalagmites, dont une atteint 30 m de haut, l’une des plus hautes d’Europe.
Les stalactites, en revanche, restent petites. L’eau infiltrait trop vite à travers le plafond calcaire pour laisser de gros dépôts. Le calcaire s’est accumulé là où les gouttes tombaient et s’écrasaient : au sol, sur les stalagmites. Le résultat est une forêt inversée, des colonnes qui montent sans grand-chose à leur cime.
Les formes varient. Draperies, orgues, empilements d’assiettes. La hauteur de chute des gouttes, la vitesse d’écoulement, la chimie de l’eau : chaque stalagmite porte la trace de sa propre histoire hydrologique.
193 mètres de funiculaire, le seul de Lozère, et un remplacement en 2025
Le funiculaire a été installé en 1963. Il fait 193 m de long pour un dénivelé de 54 m. Sa vitesse : 2,45 m/s. Son débit théorique : 350 personnes par heure. La descente dure deux minutes et demie.
Avant cela, les visiteurs empruntaient un tunnel de 208 m percé en 1927, en pente douce, avec des marches. Louis Armand et ses compagnons, eux, étaient passés par la cheminée d’accès naturelle, la même ouverture verticale que les eaux de pluie empruntent depuis des millénaires.
Le funiculaire actuel sera changé durant l’hiver 2025. Ce chantier s’inscrit dans les grands événements du centenaire de l’ouverture au public du site, le 11 juin 1927.
1897, 1927, 1941 : trois dates qui ont figé le gouffre dans le temps
L’aven porte le nom de son découvreur, Louis Armand (1854-1921). Il était forgeron au Rozier. Le 19 septembre 1897, il descend avec Édouard-Alfred Martel, considéré comme le père de la spéléologie française, et Armand Viré.
Le site est classé depuis le 20 août 1941. En 1999, un dossier regroupant 18 sites et 24 grottes du Sud de la France a été proposé pour le patrimoine mondial naturel. L’avis de l’UICN est tombé défavorable en octobre 2001. Le projet a été retiré en 2007. L’Association de valorisation des cavités françaises à concrétions regroupe maintenant 23 cavités, Aven Armand inclus.
En 2014, le téléfilm Crime en Lozère de Claude-Michel Rome a utilisé le site comme décor. En juin 2017, Nolwenn Leroy y a tourné le clip de Gemme.
Comment y aller et quand y aller
L’Aven Armand se trouve sur le causse Méjean, entre Meyrueis et Sainte-Enimie, sur la commune de Hures-la-Parade, le long de la route départementale 996. La grotte s’ouvre dans des calcaires du Jurassique.
La visite est guidée et dure environ une heure. La température intérieure reste stable, été comme hiver. La saison importe peu. Ce qui compte, c’est le calendrier du funiculaire : vérifier l’ouverture avant le départ, surtout en hiver 2025 pendant les travaux de remplacement.
Le gouffre est-il accessible sans voiture ?
La route départementale 996 traverse le causse Méjean, mais les transports en commun y sont limités. Meyrueis et Sainte-Enimie, les deux villes de référence, sont desservies par des lignes régulières depuis Mende ou Florac en saison. Pour le dernier kilomètre, un véhicule reste le plus fiable.
Peut-on visiter avec des enfants ?
Le funiculaire et la visite guidée sont adaptés. Pas de marche difficile, pas de passage étroit. La salle est vaste, le sol aménagé. Le froid sous terre, en revanche, surprend en plein été. Prévoir une couche supplémentaire même en juillet.
La forêt de 400 stalagmites attend. Deux minutes et demie de funiculaire suffisent maintenant à la rejoindre.