Méconnu des voyageurs, ce village d’Auvergne perpétue la dernière tradition chaufournière

La Sioule coupe le bourg, les façades anciennes retiennent la lumière, et la route semble ralentir d’elle-même en arrivant ici. Dans cette partie de l’Allier, on vient chercher une Auvergne plus discrète, mais un détail donne à la visite un relief rare, à Puy-Vacher, un artisan maintient encore vivante la dernière tradition chaufournière de France.

Voilà ce qui accroche tout de suite. Vous n’êtes pas dans un village-musée figé pour la photo, mais dans un lieu où un geste ancien tient encore debout, sur les coteaux calcaires des environs.

Puy-Vacher garde un feu très ancien, le dernier artisan chaufournier de France travaille ici

C’est le cœur du sujet, et il se joue dans un hameau précis. À Puy-Vacher, à l’écart de la route de Lalizolle, est installé le dernier artisan chaufournier de France, celui qui perpétue une tradition très ancienne liée aux coteaux calcaires d’Ébreuil et des alentours.

Le fait est puissant, parce qu’il donne au village une épaisseur que beaucoup de voyageurs ne soupçonnent pas. On traverse souvent l’Auvergne pour ses reliefs, ses grands paysages, ses villages connus. Ici, le regard change, parce qu’un savoir-faire presque disparu continue d’exister dans un hameau que l’on pourrait manquer sans y penser.

Je trouve que c’est la meilleure raison de s’arrêter. Pas pour cocher un nom sur une carte, mais pour sentir qu’un territoire garde encore un lien direct avec ce qu’il a produit, travaillé, transmis.

Où se trouve exactement Puy-Vacher ?

Puy-Vacher est un hameau d’Ébreuil, situé à l’est du Mercurol et à l’écart de la route de Lalizolle. Réponse courte, donc, il ne faut pas chercher ce lieu au centre du bourg, mais dans ses écarts, là où le paysage devient plus ouvert et plus minéral.

2018, le label qui attire d’abord, la tradition qui retient vraiment

Le bourg a obtenu en décembre 2018 le label touristique « Petite Cité de caractère ». Le titre pourrait suffire à attirer une halte, mais ce n’est pas ce qui marque le plus une fois sur place. Ce qui reste en tête, c’est cette coexistence entre une silhouette de petite cité ancienne et une activité qui raconte encore le sous-sol, les coteaux et le travail humain.

Le centre a aussi son point fort, avec une abbatiale romane classée monument historique, connue pour son clocher-porche. Le décor compte, évidemment. Mais il prend une autre valeur quand on comprend que le village ne se résume pas à une belle pierre, il garde aussi une mémoire de métier, plus rare, plus rugueuse, plus concrète.

Vous pouvez aimer les villages pour leurs monuments. Ici, il faut regarder un peu plus large. Entre le bourg, la rivière et les hameaux, la visite gagne en densité.

La Sioule, les hameaux, le bourg, pourquoi la visite tient mieux qu’une simple halte photo

La commune est traversée par la Sioule et plusieurs affluents, la Cigogne, la Bilie et le ruisseau de la Cèpe. Cela change l’ambiance. L’eau apporte un fil conducteur, pendant que les collines, les écarts et les routes secondaires donnent au village une géographie moins compacte qu’on l’imagine d’abord.

Autour du bourg, les noms de hameaux reviennent comme autant de petites portes d’entrée, Sainte-Foy sur sa colline, Le Mercurol à l’ouest, Villeneuve près du Châtelard, Chamboirat outre-Sioule. Ce morcellement me plaît, parce qu’il oblige à regarder le lieu comme un ensemble vivant, pas comme une carte postale fermée sur sa place centrale.

Et puis il y a l’échelle humaine. 1 306 habitants vivent ici en 2023. C’est assez pour sentir un vrai village, pas un décor vide, et assez peu pour que le nom reste encore absent de beaucoup d’itinéraires.

Que voir dans le bourg après Puy-Vacher ?

Le plus simple est de revenir vers le centre pour voir l’abbatiale romane et son clocher-porche, puis de suivre l’ambiance du village au bord de la Sioule. C’est la bonne suite, parce qu’elle relie le patrimoine visible à ce que racontent les hameaux autour.

10 km de Gannat, 27 km de Vichy, un détour très simple pour une vraie escale

Ébreuil se trouve dans l’Allier, à 10 km à l’ouest de Gannat, 27 km à l’ouest de Vichy et 50 km au nord de Clermont-Ferrand. Dit comme ça, le détour paraît presque évident. Le village n’est pas perdu, mais il reste assez en retrait pour garder une forme de discrétion.

C’est aussi ce qui fait son intérêt. Vous pouvez y venir en pensant découvrir une petite cité auvergnate bien tenue, et repartir avec autre chose en tête, le souvenir d’un territoire où la pierre, les coteaux et un métier ancien tiennent encore ensemble.

Je le dis nettement, Ébreuil parle surtout à ceux qui aiment les villages avec une histoire concrète sous les yeux. Pas besoin d’un grand effet. La rivière passe, les hameaux s’éparpillent, le clocher veille, et quelque part à Puy-Vacher, une tradition refuse de s’éteindre.