Les grottes marines rouges et roses de Morgat plongent 50 mètres sous un phare

À Morgat, la mer semble avoir travaillé la falaise à la main. Depuis la plage, le port ouvre sur la baie de Douarnenez, entre villas tournées vers l’eau et barques qui partent vers les grottes. Sous le phare de la pointe du Kador, la Cheminée du Diable forme un entonnoir de 50 mètres, plongé dans la roche au-dessus de la mer.

Sous le phare du Kador, la mer ouvre un puits de 50 mètres

Les grottes marines de Morgat prennent des teintes rouges et rosées. La lumière accroche les parois, puis disparaît dans les passages creusés par les vagues.

La Cheminée du Diable appartient aux appartements de Belzébuth, avec la Chambre du Diable et l’Antichambre du Diable. Trois noms pour un même ensemble de cavités, au pied du phare qui balise l’entrée du port.

Ces couleurs viennent des algues encroûtantes et de l’oxydation de minéraux présents dans le grès. Les vagues agrandissent les fissures, frappent la roche, puis aspirent l’eau en se retirant. La côte travaille encore.

Depuis le port, la visite se fait sur l’eau. Un bateau approche les ouvertures, tandis que le kayak et le stand up paddle permettent de longer les falaises à leur rythme.

De Flaubert aux histoires de la côte, une côte qui raconte plusieurs histoires

Morgat fut d’abord un port sardinier au fond de la baie de Douarnenez. Le village devient une station balnéaire à la fin du XIXe siècle et au début du XXe, sous l’impulsion d’Armand Peugeot.

Les villas de cette période bordent encore la mer. Le port accueille maintenant les plaisanciers, les départs nautiques et les visiteurs venus chercher les grottes plutôt qu’un simple bain de plage.

Gustave Flaubert les visita en 1847. Il décrivit une barque avançant vers un « royaume nacré », image qui colle encore aux parois lorsque la lumière entre par les ouvertures.

Une plage abritée, puis la côte sauvage de Crozon

La plage de Morgat s’étire devant les commerces, les restaurants et la promenade. Elle est exposée au sud et reste plus douce pour une journée en famille que les plages atlantiques ouvertes de la presqu’île.

Quelques kilomètres suffisent ensuite pour changer d’ambiance. Le Cap de la Chèvre ouvre ses falaises sur l’Atlantique, tandis que la plage de l’Île Vierge se rejoint à pied par les sentiers côtiers, selon les conditions locales.

La presqu’île offre ce contraste que j’aime ici: une station où l’on peut marcher jusqu’au port, puis des landes et des falaises où le vent prend toute la place.

Juin et septembre gardent la meilleure lumière pour les grottes

Juin et septembre offrent le meilleur équilibre entre lumière, fréquentation et disponibilité des logements. Juillet et août donnent davantage d’animation au port, mais demandent de réserver tôt.

Morgat est un village de la commune de Crozon, dans le Finistère, au sud de la presqu’île de Crozon. On y accède généralement en voiture depuis Brest ou Quimper, la solution la plus pratique pour rayonner vers les grands sites côtiers.

Prévoyez des chaussures adaptées pour les portions de sentier. Les falaises peuvent être venteuses et les chemins boueux, surtout lorsque l’on quitte la baie abritée pour rejoindre la côte exposée.

Peut-on voir les grottes sans embarquer ?

Oui, mais une seule grotte est accessible directement à pied, la grotte Sainte Marine, lors des grandes marées. Les autres se découvrent en bateau, en kayak ou en stand up paddle.

Morgat est-elle une bonne base pour visiter Crozon ?

Oui, surtout pour combiner plage, sorties en mer et randonnées côtières. La voiture reste préférable pour rejoindre le Cap de la Chèvre, la Pointe de Pen-Hir, Camaret-sur-Mer ou la plage de la Palue.

À marée basse, la roche révèle ses couleurs. À marée montante, les grottes reprennent leur part d’ombre. Le phare reste au-dessus, et la Cheminée du Diable disparaît peu à peu dans le bruit de l’eau.