Le premier tronçon ouvre en 1910 : le Train Jaune gagne les hauts plateaux de Cerdagne

Le jaune et le rouge du Train Jaune accrochent la lumière tandis que la rame quitte Villefranche-de-Conflent et suit la vallée de la Têt. Puis la voie monte vers le plateau de Cerdagne, entre pentes boisées, ouvrages d’art et fenêtres ouvertes sur les Pyrénées-Orientales.

Le premier tronçon a été inauguré le 18 juillet 1910. Après une fermeture d’un an et demi provoquée par une coulée de boue, la ligne a rouvert en janvier 2026. La saison touristique s’étend surtout de juin à septembre, période où ce voyage retrouve son public.

De 1910 à la Cerdagne, une montée de plus de 1 000 mètres

Le Train Jaune relie la gare de Villefranche-de-Conflent, Vernet-les-Bains à Latour-de-Carol, Enveitg. Son itinéraire traverse la vallée de la Têt, grimpe vers Mont-Louis et Font-Romeu, puis rejoint les hauteurs cerdanes.

La ligne franchit 1 000 m de dénivelé avant d’atteindre le col de la Perche. Vous voyez le paysage changer lentement, depuis les reliefs encaissés jusqu’aux horizons plus ouverts du plateau. C’est cette progression qui me plaît le plus, bien davantage que l’idée d’un simple trajet touristique.

Le train avance à son rythme. Les tunnels, les viaducs et les courbes donnent à chaque portion une allure différente, avec la vallée qui disparaît peu à peu derrière la rame.

1 592 mètres à Bolquère-Eyne, le point haut du voyage

La gare de Bolquère-Eyne est située à 1 592 m d’altitude. Elle est présentée comme la plus haute gare de la SNCF. Pour vous, ce repère donne une vraie mesure au voyage: le Train Jaune ne se contente pas de longer la montagne, il gagne les hauts plateaux.

À cette hauteur, la sensation vient moins d’un panorama précis que de la transformation du décor. La vallée paraît loin, l’air semble plus vif et la voie dessine une mince ligne au milieu des reliefs. Je trouve ce passage plus marquant que l’arrivée elle-même.

Le train dessert aussi Font-Romeu, Saillagouse et Bourg-Madame avant son arrivée à Latour-de-Carol, Enveitg. Le trajet garde ainsi une dimension locale, entre gares de montagne et villages de Cerdagne.

Le pont Gisclard et les ouvrages qui donnent du relief au trajet

Le Train Jaune franchit le Pont Séjourné, puis le Pont Gisclard, aussi appelé Pont Cassagne. Ce dernier est le dernier pont suspendu ferroviaire de France situé sur une ligne encore exploitée, une particularité qui se découvre directement depuis la fenêtre.

Le Pont Gisclard mesure 253 mètres. Vous ne le traversez pas comme un monument isolé: la rame l’aborde au milieu du relief, avec la vallée en contrebas et les câbles qui entrent dans le champ de vision. C’est, à mon sens, le moment où l’ingénierie devient vraiment une partie du paysage.

La ligne compte aussi 19 tunnels. Certains passages se jouent en quelques secondes, puis la lumière revient brusquement sur la montagne.

62,5 kilomètres et trois heures: comment préparer le voyage

La ligne mesure 62,5 km entre Villefranche-de-Conflent et Latour-de-Carol, Enveitg. Le trajet complet dure environ 3 h à 3 h 10, sans longue escale. Vous pouvez le parcourir dans le réseau régional liO et TER Occitanie.

Les horaires et la circulation changent selon la saison et les travaux de maintenance. Je vous conseille donc de vérifier les informations TER/liO avant de prévoir une correspondance ou un aller-retour dans la journée.

Pour une première découverte, je choisirais la montée depuis Villefranche-de-Conflent vers Mont-Louis ou Font-Romeu. Ce tronçon concentre le changement d’altitude, les paysages de montagne et plusieurs des ouvrages qui donnent sa personnalité au Train Jaune.

Combien de temps dure le trajet complet ?

Le parcours de bout en bout dure environ 3 h à 3 h 10, sans longue escale. Vous pouvez aussi retenir seulement une partie de la ligne, surtout entre Villefranche-de-Conflent et les hauteurs de Cerdagne.

Quand partir pour voir le Train Jaune ?

La période la plus fréquentée va de juin à septembre. Vous devez consulter les horaires avant le départ, car la circulation peut varier selon les travaux et les conditions d’exploitation.

De Villefranche à Latour-de-Carol, le paysage change sans quitter la rame

Le Train Jaune porte ses couleurs catalanes sur toute la ligne. Au départ, la voie paraît serrée dans la vallée; plus haut, elle ouvre le regard vers les plateaux et les villages de Cerdagne.

Vous pouvez rester plusieurs heures à regarder défiler les pentes, les ponts et les trouées de lumière. Je préfère cette lenteur assumée à un itinéraire qui chercherait à tout montrer trop vite.

À l’arrivée, la gare de Latour-de-Carol, Enveitg marque la fin du parcours français. La rame a commencé dans la vallée. Elle termine sur les hauteurs, là où la lumière entre largement par les fenêtres.