Gaz : le 18 octobre 2026, les taxes expliquent la hausse annuelle française, pas le tarif du jour

Quand la facture de gaz augmente, le réflexe est de regarder le montant prélevé ce mois-ci. Mais la comparaison publiée le 18 octobre 2026 raconte une histoire différente selon la période observée: en France, les taxes expliquent presque toute la hausse annuelle constatée au premier semestre, tandis que le prix repère actuel progresse à cause des coûts d’approvisionnement.

Selon l’analyse de Selectra, fondée sur les données Eurostat mises à jour le 16 octobre, le prix moyen du gaz de chauffage en France atteint 0,1347 €/kWh TTC au premier semestre 2026, contre 0,1299 €/kWh un an plus tôt. Cela représente une hausse de 3,7 %, mais cette statistique décrit une période déjà écoulée, pas le tarif applicable à tous les contrats aujourd’hui.

Pourquoi les taxes pèsent-elles autant dans la hausse annuelle ?

Sur cette comparaison entre les deux premiers semestres, le prix hors taxes passe de 9,19 à 9,25 centimes par kilowattheure. Les taxes, elles, progressent de 3,80 à 4,22 centimes.

La hausse totale atteint 0,48 centime par kilowattheure, dont 0,42 centime lié aux taxes, d’après le calcul publié par Selectra. La fiscalité représente donc l’essentiel de l’écart entre les deux périodes étudiées. Ce résultat concerne la comparaison semestrielle européenne, pas les mouvements mensuels du prix repère français.

Le contraste apparaît chez plusieurs voisins. Sur la même période, Selectra calcule une baisse de 4,9 % en Allemagne, de 8,3 % en Italie, de 7,9 % en Belgique et de 10 % en Espagne. Ces pourcentages sont eux aussi des comparaisons historiques, et non des baisses entrant en vigueur le 18 octobre.

Que paie-t-on réellement en France ce mois-ci ?

Pour octobre, la Commission de régulation de l’énergie fixe le prix repère moyen à 182,88 €/MWh TTC, soit une hausse de 6,3 % par rapport à septembre. Ce repère sert de référence aux ménages et aux fournisseurs, mais il ne constitue pas un tarif obligatoire appliqué de manière identique à tous les contrats.

La CRE précise que seule la part approvisionnement évolue. Elle relie cette progression à la hausse des prix du gaz sur les marchés, sans annoncer de modification fiscale pour expliquer le mouvement d’octobre.

La distinction est donc concrète pour les consommateurs: la hausse annuelle mesurée par Eurostat inclut une forte progression des taxes, alors que la hausse récente du prix repère repose sur le coût d’achat du gaz. Les deux chiffres parlent de périodes différentes.

Pourquoi une nouvelle hausse est-elle prévue au 1er novembre ?

Une autre évolution est déjà annoncée, mais elle n’est pas encore appliquée au 18 octobre. Le prix repère moyen passera à 194,90 €/MWh TTC au 1er novembre 2026, soit 6,6 % de plus qu’en octobre.

Service Public et la CRE attribuent cette nouvelle hausse à la part approvisionnement, en lien avec les prix de marché observés en septembre. Le montant de novembre ne doit donc pas être présenté comme le prix actuellement applicable.

Qui verra sa facture augmenter en novembre ?

L’effet dépend du contrat signé avec le fournisseur. Pour les offres indexées sur le prix repère, Service Public estime l’impact moyen de la hausse de novembre à 12 € TTC sur la facture mensuelle.

Cette somme reste une moyenne: elle varie selon la consommation, la commune, l’usage du gaz et les conditions commerciales de l’offre. Les contrats à prix fixe ne sont pas concernés par l’évolution du prix repère, sauf disposition particulière prévue dans leurs conditions.

Pour lire correctement sa facture, il faut donc vérifier trois éléments: la période comparée, le type de contrat et l’indexation appliquée. La statistique européenne explique la hausse annuelle française observée au premier semestre. Le prix repère d’octobre et celui annoncé pour novembre relèvent, eux, de l’évolution des coûts d’approvisionnement.

Sources

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