En 1942, cette île du Var a accueilli le premier film sous-marin français

Le bateau quitte Le Brusc, puis la côte se resserre derrière vous. À l’arrivée, les criques, les pinèdes et les vignes donnent aux Embiez un air d’escale méditerranéenne. Mais l’île garde une autre image, tournée vers les profondeurs: en 1942, elle a accueilli le tournage du premier film sous-marin français, réalisé en apnée par Philippe Tailliez, Jacques-Yves Cousteau et Frédéric Dumas.

Elle se visite toute l’année.

1942, quand les Embiez sont devenus un studio sous-marin

Le trio disposait de moyens de fortune. Dans les eaux des Embiez et près de la balise des Magnons, les trois hommes filment en apnée ce qui deviendra Par dix-huit mètres de fond, le premier film sous-marin français.

La scène paraît aujourd’hui presque impossible à imaginer: pas de bateau de production, pas de matériel sophistiqué, mais des plongeurs qui retiennent leur souffle pour enregistrer les fonds marins. Le film donne à l’île son angle le plus fort. Vous marchez sur un rivage de vacances, avec derrière vous une histoire de pionniers.

Le contexte rend le tournage encore plus particulier. Pendant la guerre, plonger demande l’autorisation de l’occupant, et deux marins allemands surveillent le trio depuis une plage située face aux Magnons. Le contraste est saisissant: sous la surface, une aventure scientifique et cinématographique; sur le rivage, la présence de la guerre.

Des salins au port Saint-Pierre, l’île change de décor

Les Embiez ne se résument pas à leur passé sous-marin. L’île a longtemps vécu avec ses salins, dont la production s’est arrêtée en 1937. Les anciens bassins ont ensuite laissé place au port Saint-Pierre, autour duquel la navette arrive aujourd’hui.

La promenade révèle ces changements par touches successives. Vous longez le littoral, passez près des criques, retrouvez les pinèdes et apercevez les vignes. La lumière se pose sur les rochers, puis glisse vers les installations du port.

C’est cette alternance entre paysage ouvert et traces d’activité qui rend le tour intéressant.

Le port compte 750 anneaux. Pour moi, c’est le meilleur contrepoint au récit de 1942: l’île accueille maintenant les plaisanciers, tandis que son histoire reste liée aux hommes qui exploraient la mer en apnée.

Deux heures de marche pour lire l’île en continu

Le tour des Embiez demande environ 2 heures de marche, sans longue pause. Le parcours passe par les anciennes salines, des criques et des points de vue sur la côte. Vous pouvez avancer à votre rythme, avec des arrêts près de l’eau ou autour du port Saint-Pierre.

La marche compte davantage que l’accumulation de visites. Une crique apparaît derrière un chemin, la pinède coupe la lumière, puis le port ramène le regard vers les bateaux. Cette progression donne une vraie cohérence à la journée.

Je préfère nettement cette découverte lente à une simple halte près de la navette.

Combien de temps faut-il prévoir sur l’île ?

Prévoyez une journée pour combiner la traversée, le tour à pied, une pause déjeuner et un moment au bord de l’eau. La marche seule dure environ deux heures, sans longue interruption.

Peut-on rejoindre les Embiez toute l’année ?

Oui, la liaison depuis Le Brusc fonctionne toute l’année, sept jours sur sept, avec une traversée d’environ 12 minutes. Les horaires restent à vérifier pour la date choisie. En été, un départ existe aussi depuis Sanary-sur-Mer.

Depuis Le Brusc, une escale possible en toute saison

Le départ principal se trouve au port du Brusc, à Six-Fours-les-Plages, près de Toulon. La traversée est courte, puis les déplacements sur l’île se font surtout à pied ou à vélo, avec une circulation automobile très limitée.

La saison ne ferme jamais la porte: les Embiez se découvrent toute l’année. En été, vous profiterez davantage du bord de mer et des activités nautiques proposées sur place, comme le paddle, la plongée ou la voile. Hors saison, la marche prend plus de place et le récit du tournage revient naturellement dans le paysage.

Vérifiez les horaires du bateau avant de partir. C’est le seul réflexe vraiment nécessaire pour organiser cette escale depuis Le Brusc.

Au retour, l’île s’éloigne lentement derrière la navette. Les criques disparaissent, le port se réduit à une ligne blanche, et le film de 1942 reprend une autre dimension: sous cette lumière calme, on imagine trois hommes descendant en apnée dans une mer encore silencieuse.