Cette station thermale nivernaise expédiait près de 3 millions de bouteilles

Dans le parc thermal de Pougues-les-Eaux, l’eau se devine encore dans les pavillons et les bâtiments anciens. Aujourd’hui, l’ancienne usine d’embouteillage accueille l’espace d’exposition du Centre d’art contemporain du parc Saint-Léger. En 1930, elle expédiait près de 3 millions de bouteilles.

La station nivernaise a changé de visage, mais son passé reste visible.

2 733 000 bouteilles : quand Pougues expédiait son eau bien au-delà de la Nièvre

Le chiffre donne immédiatement l’échelle de cette aventure thermale. En 1930, l’usine de Pougues-les-Eaux expédiait exactement 2 733 000 bouteilles.

Le bâtiment ne servait donc pas seulement aux curistes de passage. L’eau partait par caisses, quittait la commune et portait le nom de la station bien plus loin que le parc thermal.

Ce passé industriel se lit aujourd’hui dans les mêmes lieux. L’ancienne usine abrite l’espace d’exposition du Centre d’art contemporain du parc Saint-Léger, tandis que la gentilhommière accueille l’administration du centre.

Le contraste me plaît. Une usine née autour de l’eau accueille maintenant des œuvres, dans un ensemble qui conserve la mémoire de son ancienne fonction.

Des sources exploitées depuis le XVIe siècle, puis une station en vue

Les sources de Pougues-les-Eaux sont exploitées au moins depuis le XVIe siècle. Le pavillon des sources Saint-Léger et Saint-Léon rappelle cette histoire, tout comme l’ancien parc thermal.

À l’époque, la commune attirait des visiteurs venus profiter des eaux. L’histoire locale mentionne aussi Jean Pidoux, médecin de Henri IV, qui s’intéressa aux sources et publia en 1597 un ouvrage consacré à leur usage.

Le thermalisme a marqué jusqu’au paysage bâti. L’église Saint-Léger des sources, le casino des sources Saint-Léger et le musée des sources gardent chacun une trace de cette période.

Le casino a quitté le parc thermal en 2006. Son ancien emplacement rappelle une époque où les cures, les promenades et les distractions formaient un même séjour.

1971, la fin des cures, mais pas celle de l’histoire

L’activité thermale s’arrête en 1971. Pour une ville construite autour de ses sources, le choc est net.

L’embouteillage continue toutefois jusqu’en 1975. Cette prolongation explique pourquoi l’ancien site industriel conserve une place aussi forte dans le récit de Pougues-les-Eaux.

La commune ne cherche pas à effacer cette rupture. Le parc thermal, les pavillons et les bâtiments liés aux eaux composent encore une promenade patrimoniale cohérente.

Vous y verrez une station qui a perdu ses curistes, mais pas tous ses repères. C’est ce décalage qui rend l’escale intéressante.

À 11 km de Nevers, une halte facile sur la route nationale 7

Pougues-les-Eaux se trouve à 11 km au nord de Nevers, dans la Nièvre, sur la route nationale 7. La commune est aussi desservie par une gare, avec des liaisons vers Nevers, Cosne-sur-Loire et Paris.

Le label Village étape, obtenu en 2008, garantit la présence d’un office de tourisme et de services de proximité. Pour vous, cela donne à la découverte un format simple : rejoindre le parc thermal, observer les anciens bâtiments, puis prolonger la halte dans la commune.

La saison n’est pas le sujet principal ici. Le patrimoine thermal se regarde surtout à travers les bâtiments qui subsistent et l’histoire qu’ils racontent.

Peut-on encore suivre une cure à Pougues-les-Eaux ?

Non, l’activité thermale a cessé en 1971. L’embouteillage de l’eau s’est poursuivi jusqu’en 1975, mais la commune n’est plus une station de cure en activité.

Que reste-t-il de l’ancienne station thermale ?

Il reste l’ancien parc thermal, les pavillons des sources Saint-Léger et Saint-Léon, le musée des sources, le casino des sources et l’ancienne usine d’embouteillage devenue espace d’exposition.

À Pougues-les-Eaux, l’eau ne coule plus dans le même récit. Elle a laissé des pavillons, une usine et des bâtiments reconvertis. Dans le parc Saint-Léger, la mémoire thermale accompagne maintenant les œuvres contemporaines.