Ces 2 phares du Gard gardent le secret que Nice a perdu il y a 40 ans
L'aube se lève sur le Grau-du-Roi. Les chalutiers glissent entre les môles de 1727, leurs silhouettes noires découpées contre le ciel rosé. Deux phares veillent sur cette arrivée matinale : l'ancien phare de 1827, le plus ancien du littoral occitan, et celui de l'Espiguette, tous deux classés Monuments Historiques depuis 2012.
Cette commune du Gard abrite une particularité unique sur la Méditerranée française. Aucun autre port ne possède deux phares classés au patrimoine national. Le Grau-du-Roi conserve son authenticité de village pêcheur là où Nice et Cannes l'ont perdue, tout en restant 40 % moins cher que la Côte d'Azur.
Deux phares classés monuments historiques gardent le premier port chalut méditerranéen
Le front de mer révèle immédiatement l'originalité du lieu. L'ancien phare se dresse au cœur d'un bâtiment-logement, sa tour de 19 mètres dominant le chenal. Construit en 1827 et allumé le 1er mars 1829, il guide les marins depuis près de deux siècles.
À six kilomètres, le phare de l'Espiguette se dresse dans les dunes. Classé Monument Historique en 2012, il témoigne d'un phénomène unique : le recul littoral. Initialement à 150 mètres du rivage en 1869, il se trouve aujourd'hui à 700 mètres de la mer.
« Le Grau du Roi est le 1er port de pêche au chalut de Méditerranée française », confirme LetsGrau.com. Les chalutiers amarrés dans le port perpétuent une tradition vieille de près de deux siècles. À Valras-Plage, à 30 kilomètres, l'architecture balnéaire authentique rappelle cette époque révolue.
Un grau ouvert par Henri IV en 1610 devenu village méditerranéen authentique
L'histoire commence fin XVIe siècle. « À la fin du XVIᵉ siècle, le Rhône, en se déversant en torrent dans les eaux du Repausset, ouvre un passage maritime — le grau — au lieu-dit Consac de Gagne Petit », explique l'équipe Wikipédia. Ce passage maritime fut baptisé « Grau Henri » en 1610, en hommage à Henri IV.
Les môles construits entre 1727 et 1745 stabilisent le chenal. L'autonomie communale arrive le 18 juillet 1879, avec une population d'environ 1 000 habitants en 1900. Les pêcheurs italiens s'installent dès 1830, apportant leurs techniques de chalut.
Architecture vernaculaire pêcheurs et phares carrés noirs
Les maisons du canal datent de 1830, témoins de l'immigration italienne. Le château Leenhardt, construit en 1969, marque l'évolution vers le tourisme viticole. Les phares adoptent une forme carrée distinctive, contrairement aux phares cylindriques standards du littoral français.
Label grand site de France Camargue gardoise
Obtenu en 2014, ce label protège 534 hectares de dunes et 10 kilomètres de littoral vierge. Les dunes de l'Espiguette, classées en 1994, abritent un écosystème exceptionnel avec des dunes atteignant 12 mètres de hauteur.
Dunes Espiguette et tellines fraîches : l'expérience locale authentique
Le printemps révèle la beauté du site. Les températures oscillent entre 20 et 25 °C, idéales pour explorer les 534 hectares de dunes protégées. L'affluence reste modérée, contrairement aux foules estivales de juillet-août qui voient le thermomètre dépasser 30 °C.
Balades 4x4 dunes sauvages et observation flamants roses
Les excursions en 4x4 coûtent entre 15 et 20 € par personne. Les sables blancs rappellent la Sardaigne, offrant des couchers de soleil spectaculaires derrière le phare de l'Espiguette. Les étangs du Repausset accueillent les flamants roses toute l'année.
« L'ancien phare du Grau-du-Roi construit en 1827, est le plus ancien du littoral occitan », précise le ministère de la Culture. Restauré en 2019, il abrite désormais un musée dédié à la pêche, avec des visites guidées de 10h30 à 17h30.
Poissons du jour et spécialités méditerranéennes au port
Les restaurants du front de port proposent les prises du jour. Tellines fraîches, loups grillés et tielle sétoise constituent les spécialités locales, pour un repas moyen entre 20 et 30 €. Comme à Cupabia, les prix restent accessibles comparés aux destinations touristiques saturées.
« C'est en grande partie la pêche qui assure les ressources de la population, puisque un grau par nature est une zone poissonneuse », souligne la ville du Grau-du-Roi. La criée matinale permet aux visiteurs d'observer ce ballet ancestral.
Une alternative méditerranéenne à -40 % de la Côte d'Azur
Les hébergements affichent des tarifs de 90 à 130 € la nuit en moyenne saison, contre 180 à 250 € sur la Côte d'Azur. L'accès reste simple : 3 heures de TGV Paris-Nîmes puis 30 minutes de route, évitant la saturation des aéroports azuréens.
« L'ancien phare est classé au titre des monuments historiques et a été habité jusque dans les années 1970. En 2019, il s'est refait une beauté », indique Gard Tourisme. Comme Gassin face à Saint-Tropez, le Grau-du-Roi offre une authenticité préservée face aux destinations surfréquentées.
Le crépuscule transforme le chenal en miroir doré. Les chalutiers amarrés balancent doucement, leurs mâts dessinant une forêt métallique contre le ciel embrasé. Cette image intemporelle de la Méditerranée authentique perdure ici, à quelques heures de Paris.
Vos questions sur le Grau-du-Roi, plage, Occitanie répondues
Quelle est la meilleure période pour visiter le Grau-du-Roi ?
Le printemps (mars-mai) et l'automne (septembre-novembre) offrent des températures idéales entre 20 et 25 °C. L'affluence reste modérée, parfait pour les balades dans les dunes et l'observation des flamants roses. Évitez juillet-août : 30 °C et foule garanties.
Peut-on visiter les deux phares classés monuments historiques ?
L'ancien phare de 1827 abrite un musée de la pêche depuis sa restauration en 2019. Entrée gratuite pour les moins de 5 ans, 5 € pour les adultes. Le phare de l'Espiguette se visite lors des excursions 4x4 dans les dunes, pour 15 à 20 € par personne.
Combien coûte un séjour comparé à Nice ou Cannes ?
Hébergement : 90 à 130 € la nuit au Grau-du-Roi contre 180 à 250 € sur la Côte d'Azur, soit 40 % d'économie. Repas de poisson frais : 20 à 30 € contre 40 à 50 € à Nice. Les destinations portuaires authentiques offrent toujours un meilleur rapport qualité-prix.
Un pêcheur répare ses filets sur le quai, reproduisant les gestes de ses prédécesseurs de 1830. Les mouettes tournent au-dessus du port, leurs cris perçants mêlés au ronronnement des moteurs. La Méditerranée authentique bat encore ici, entre les môles séculaires et les phares gardiens.