Ce village perché cache huit cadrans solaires, dont un réalisé avec Jean Cocteau

À Coaraze, la lumière accroche les façades de pierre et les passages voûtés avant de filer dans les ruelles. On monte, on tourne, puis un dessin apparaît sur un mur, presque à hauteur de regard. Le village des Alpes-Maritimes transforme la promenade en chasse discrète aux cadrans.

Le meilleur moment pour chercher ces traces reste l’été, le matin ou en fin d’après-midi, quand les ombres redessinent les escaliers. Vous ne venez pas ici pour cocher des monuments à toute vitesse. Vous venez lever les yeux.

Huit cadrans posés en 1960, dont Les Lézards de Jean Cocteau

En 1960, huit cadrans solaires réalisés avec la participation d’artistes ont été installés à Coaraze. L’un d’eux, Les Lézards, a été conçu par Jean Cocteau avec le céramiste Gilbert Valentin. Le soleil devient ici un guide de visite.

Les cadrans ne sont pas réunis derrière une porte ou dans une salle. Ils ponctuent les façades de la mairie, de la place de l’église et de l’école. Cette dispersion donne du relief à la marche, mais demande aussi de ralentir.

Le projet s’est interrompu, puis a repris en 2008. Les huit œuvres restent la signature la plus singulière du village, bien davantage qu’un simple décor de rue. Cherchez-les sans plan trop rigide, c’est la bonne manière de laisser Coaraze se dévoiler.

Combien de temps faut-il prévoir pour voir les cadrans ?

Comptez entre 1 h 30 et 2 h 30 sur place pour parcourir les ruelles, repérer les cadrans et passer par l’église. Les escaliers et les pentes invitent à prendre son temps. Une visite courte risquerait de manquer les détails.

À Coaraze, les ruelles mènent aussi aux fresques du XVIe siècle

Les cadrans donnent le fil, mais le village ne s’arrête pas à ses murs peints. Les ruelles pavées, parfois voûtées, conduisent vers des places et des passages étroits où la pierre garde la chaleur. La montée est raide par endroits.

La chapelle Saint-Sébastien se trouve sur l’ancien chemin muletier qui reliait le bourg à Nice. Construite vers 1530, elle conserve des peintures du XVIe siècle consacrées à l’histoire de saint Sébastien. C’est une halte qui mérite mieux qu’un coup d’œil pressé.

L’église Saint-Jean-Baptiste, bâtie à partir du XIVe siècle puis remaniée, porte un décor baroque. Plus loin, la chapelle Bleue abrite des scènes de la vie du Christ peintes en camaïeu bleu par Ponce de Léon. Le contraste entre les façades claires et ce bleu intérieur reste saisissant, sans avoir besoin d’en faire trop.

Coaraze domine la vallée du Paillon de Contes depuis 667 m d’altitude. Les collines d’oliviers, de mimosas et de pins s’ouvrent au-delà des maisons. Le village est classé parmi Les Plus Beaux Villages de France, mais son intérêt tient surtout à cette promenade où l’art surgit au détour d’un mur.

Les ruelles de Coaraze sont-elles faciles à parcourir ?

Il faut prévoir des chaussures confortables: le sol est pavé, les marches nombreuses et les passages parfois étroits. Les familles peuvent flâner, mais la poussette ne sera pas toujours pratique. Mieux vaut garder les mains libres.

À 25 à 30 km de Nice, une montée par la D15

Coaraze se trouve dans les Alpes-Maritimes, à environ 25 à 30 km au nord de Nice. En voiture, le trajet prend habituellement entre 40 et 50 minutes selon la circulation, via La Trinité, Contes et Bendejun, puis la D15.

Le village indique un parking gratuit toute l’année à l’entrée. Une aire de stationnement pour camping-cars se situe à moins de 15 minutes à pied. Cette arrivée à l’écart du vieux bourg est une bonne chose: les premières pierres se découvrent sans moteur dans les ruelles.

Coaraze se visite toute l’année. En été, visez le matin ou la fin d’après-midi: la lumière reste forte et l’ombre ne couvre pas chaque montée. Les cadrans attendent le soleil, mais vos jambes apprécient une heure plus douce.

Au retour, la D15 ramène vers Contes ou conduit vers Lucéram et le col Saint-Roch. À Coaraze, un lézard dessiné sur un mur suffit parfois à arrêter la marche. Puis l’ombre change de place.