Ce village normand de 1 648 habitants a déjà été élu préféré des Français : voici pourquoi il ressort cet été
Le port sent l’iode et le goût salé des huîtres fraîchement ouvertes. En face, sur un îlot accessible à marée basse, une tour de pierre ronde domine l’horizon comme un phare oublié. C’est ici, dans ce bourg du Cotentin, que les Français ont voté leur village préféré il y a six ans, et que l’été réveille chaque année la même question : qu’est-ce qui fait revenir le regard sur Saint-Vaast-la-Hougue ?
1 648 habitants, un titre de Village préféré des Français et deux tours qui défient le temps
Saint-Vaast-la-Hougue compte 1 648 habitants au dernier recensement. C’est peu pour un lieu qui a su capter l’attention nationale à deux reprises. En 2008, les tours observatoires de Tatihou et de la Hougue entrent dans le patrimoine mondial de l’UNESCO, au sein des fortifications de Vauban. Onze ans plus tard, le 26 juin 2019, le village remporte l’émission Le Village préféré des Français sur France 3.
La promesse du titre tient dans cette dualité : un bourg rural à l’échelle humaine, qui porte pourtant des marques d’histoire rarement réunies en un seul lieu. Les deux tours Vauban, l’une sur l’île de Tatihou, l’autre sur la côte, ont été conçues comme des postes d’observation. Elles surveillaient les approches de la baie de Seine, dans un système défensif que Vauban a déployé sur plus de cent sites.
La Hougue, le promontoire que les Vikings ont nommé avant nous
Le nom lui-même raconte la géologie du lieu. La Hougue vient du vieux norrois haugr, qui désigne un tertre ou une hauteur. Dans ce cas précis, il s’agit du promontoire qui domine le port. Les chartes du XIVe siècle appellent déjà le lieu la Hougue de Saint-Vaast en l’Isle du Cotentin.
Saint Vaast d’Arras, évêque du VIe siècle, n’est jamais venu en Normandie. C’est l’abbaye de Fécamp, propriétaire du fief, qui a imposé ce patronage, probablement au moment de la construction de la première église, l’actuelle chapelle des Marins, au XIe siècle. La tradition locale veut que Vaast et saint Vigor aient franchi la Bonde sur une planche de bois qui céda ; la rivière sert encore de limite avec Quettehou.
10 kilomètres de sentiers, des parcs à huîtres et une île qui change de visage
La commune s’étend sur 6,28 km², dont une part significative de prairies et de zones humides côtières. L’Office de tourisme du Cotentin mentionne 10 km de sentiers pour arpenter le littoral et les terres. L’île de Tatihou, accessible par un chausson, ce passage submersible, ou par bateau, abrite la tour Vauban, un jardin maritime et des vestiges archéologiques du bronze ancien.
Les parcs ostréicoles s’étalent à perte de vue dans la baie. Saint-Vaast est le berceau historique de l’huître normande, et l’été amplifie cette identité : les cabanes de dégustation ouvrent en grand, les bateaux de pêche rentrent au port, le marché tourne à plein régime.
Comment rejoindre Saint-Vaast-la-Hougue depuis la côte ?
La commune se situe sur la côte est du Nord-Cotentin, dans le Val de Saire, à 11 km de Gatteville-le-Phare. Depuis Cherbourg, il faut compter une quarantaine de minutes par la route côtière. Le port de plaisance accueille les bateaux ; l’île de Tatihou se rejoint à pied à marée basse ou par navette.
Quelle est la meilleure période pour visiter ?
L'été reste la saison la plus animée, avec les activités portuaires et ostréicoles à leur paroxysme. Le climat océanique du Cotentin, température moyenne de 11,6 °C relevée à Gatteville-le-Phare sur la période 1991-2020, offre des étés frais et ventés. Juillet et août concentrent la vie du village, mais la lumière de juin ou de septembre vaut le déplacement pour ceux qui préfèrent les marées hautes sans la foule.
2 fleurs, 303 communes menacées et une station qui résiste
Saint-Vaast-la-Hougue porte le label 2 fleurs au palmarès 2025 des villes et villages fleuris. Cette distinction coexiste avec une vulnérabilité réelle : la commune figure parmi les 303 communes françaises identifiées comme gravement menacées par la montée des eaux. La loi littoral de 1986 impose ici ses règles strictes, inconstructibilité sur la bande des 100 mètres, préservation des équilibres écologiques.
C’est peut-être cette tension entre patrimoine, nature vivante et fragilité qui explique le retour récurrent de Saint-Vaast dans l’actualité estivale. Un village de moins de 1 700 âmes, deux tours de pierre grise, des huîtres que l’on ouvre au bord de l’eau, et cette capacité à faire sentir au visiteur qu’il touche quelque chose de fin, de précieux, de vraiment habité.