Ce village de Moselle abrite une église baroque aux 3 clochers à bulbe
Dans le pays de Sarrebourg, Saint-Quirin laisse d’abord voir des façades claires et la lisière des bois. Puis les bulbes surgissent au-dessus du village, ronds et sombres dans la lumière. En Moselle, cette silhouette mérite une halte quand les journées invitent à prendre la route.
Saint-Quirin ne se résume pas à son église, mais elle donne immédiatement le ton. Le village porte aussi le label des Plus Beaux Villages de France. Ici, le regard revient toujours vers les tours.
Trois clochers à bulbe, une façade qui attire l’œil
L’église baroque Saint-Quirin possède trois clochers à bulbe. Deux tours carrées occupent la façade occidentale et sont reliées par une passerelle. Un troisième clocheton prend place dans la toiture du chœur.
Les deux grandes tours superposent chacune trois bulbes. Le clocheton du chœur en porte deux. Cette accumulation donne à l’édifice une allure presque théâtrale, sans qu’il soit besoin de chercher longtemps ce qui singularise le village.
La pierre et les volumes font le travail. Les tours cadrent l’entrée, tandis que la façade occidentale garde son grès rouge des Vosges apparent. Le reste de l’église est couvert d’un crépi jaune pâle.
Pourquoi l’église a-t-elle trois clochers à bulbe ?
Les trois clochers correspondent aux deux tours de la façade occidentale et au clocheton installé sur le toit du chœur. Cette composition permet de lire l’église en plusieurs plans, depuis la rue comme depuis les abords du village.
1722, l’année où Saint-Quirin reconstruit son église
L’église actuelle a été achevée en 1722, après la destruction de l’ancienne église priorale durant la guerre de Trente Ans. Le chanoine Edmond Herb avait constaté l’état de délabrement des bâtiments lors d’une visite canonique en 1714.
La nouvelle église est consacrée en 1724. Son ameublement arrive ensuite entre 1744 et 1746. À l’intérieur, le mobilier, les vitraux et l’orgue Silbermann appartiennent à l’univers baroque de la première moitié du XVIIIe siècle.
Le prieuré qui jouxte l’église rappelle l’ancien rôle religieux du lieu. Saint-Quirin s’est développé autour d’un prieuré détenu par l’abbaye de Marmoutier. Le village a longtemps été un centre de pèlerinage.
L’église Saint-Quirin date-t-elle entièrement du XVIIIe siècle ?
L’église visible aujourd’hui a été achevée en 1722, mais elle succède à une église priorale consacrée en 1123. Des remaniements intérieurs interviennent aussi durant la seconde moitié du XIXe siècle, puis une restauration a lieu de 1969 à 1973.
La Chapelle-Haute prolonge le regard au-dessus de Saint-Quirin
Le village compte un autre édifice religieux, la Chapelle-Haute, installée sur un relief à l’ouest. Elle domine Saint-Quirin. Avec l’église baroque, elle fait partie des deux édifices du village associés aux « Sept Roses ».
Une légende rattache cette chapelle aux reliques de saint Quirin. En 1049, la mule qui les transportait vers Neuss se serait arrêtée à cet endroit. La chapelle actuelle a beaucoup changé au fil des siècles, mais certains éléments remontent au XIIIe siècle.
Ce détour change l’échelle de la visite. Après les tours à bulbe, le village se regarde depuis le relief. Les bois et les toits composent alors un décor plus ample, moins frontal.
Dans le pays de Sarrebourg, une halte à prendre sans se presser
Saint-Quirin se trouve en Moselle, dans le pays de Sarrebourg, au sein du Grand Est. La commune rassemble 692 habitants. Son territoire est très largement couvert de forêts et de milieux semi-naturels.
Le village convient à ceux qui aiment observer un détail d’architecture avant de poursuivre leur route. L’église, la Chapelle-Haute et les abords boisés donnent matière à une escale tournée vers la pierre, les lignes des toits et le silence des reliefs.
Quand la lumière baisse, les bulbes dessinent encore leur profil au-dessus des façades. Trois tours, et le village reste en mémoire.