Ce village de 1 393 âmes cache 50 nains et deux monuments classés depuis 1926

Dans le vallon boisé de Sancey, le ruisseau de la Baume murmure entre les pierres claires. Les toits rouges franc-comtois émergent de la brume matinale. Cette commune de 1 393 habitants née d'une fusion en 2015 dissimule deux univers parallèles.

Derrière les façades du XVIe siècle, une cité secrète de 50 nains de jardin s'épanouit depuis des décennies. Leurs maisons en pierre et mousse, leurs ponts suspendus et moulins miniatures forment un labyrinthe féerique visible uniquement de Pâques à octobre.

Mais Sancey cache un second mystère. Deux édifices religieux classés Monuments Historiques depuis 1926 témoignent d'une histoire spirituelle méconnue. L'église Saint-Martin et la basilique Sainte-Jeanne-Antide gardent les traces d'une sainte canonisée par Pie XI en 1932.

Quand un vallon franc-comtois cache deux univers parallèles

Coordonnées 47°17′46″N 6°35′02″E. Sancey s'étend sur 30,57 km² au pied du château de Belvoir. La fusion de 2015 entre Sancey-le-Grand et Sancey-le-Long a créé ce centre économique rural à 35 km de Besançon.

L'accès depuis Paris prend 4 heures par l'A36, sortie Pontarcher. Le TER depuis Besançon coûte 5 à 10 € pour 40 minutes de trajet. Les forêts denses encerclent le village, ponctuées par les grottes de la Baume à 500 mètres du centre.

Le silence matinal révèle les chants d'oiseaux. L'odeur de mousse humide monte du ruisseau. La lumière filtre entre les feuillages sur la pierre claire des façades. Ce village jurassien voisin partage cette atmosphère préservée.

La cité secrète que les locaux ont bâtie à la main

Un sentier discret depuis le centre-bourg mène à l'univers parallèle. Cinquante statuettes colorées peuplent leur propre village miniature. Certains nains mesurent 30 centimètres, leurs décors s'élèvent sur 2 à 3 mètres.

Un labyrinthe miniature en pierre et mousse

Les maisons utilisent pierre locale, paille et mousse des sous-bois. Des ponts suspendus relient les habitations. Les moulins fonctionnent réellement, actionnés par des rigoles détournées du ruisseau principal.

Cette création artisanale mobilise les anciens ouvriers des métalleries fermées. Ils recyclent bois et métal en décors féeriques. Les hashtags #NainsJardinSancey totalisent 1 000 à 5 000 vues sur TikTok local.

Une tradition née du silence franc-comtois

Aucun panneau officiel ne signale la cité. La transmission reste orale entre générations. Les familles organisent pique-niques autorisés au cœur du labyrinthe. L'entretien fonctionne entièrement par bénévolat.

Comme l'explique un journaliste d'Hebdo25 : "Un petit havre de paix qui semble tout droit sorti d'un conte pour enfants, la cité secrète des nains de jardin." L'accès gratuit préserve l'authenticité face aux destinations commerciales voisines.

Deux édifices classés que Besançon ignore depuis 1926

À un kilomètre de la cité féerique, l'architecture sacrée révèle ses secrets. L'église Saint-Martin et la basilique Sainte-Jeanne-Antide concentrent 100 ans de classements patrimoniaux. Ce village bourguignon propose une concentration similaire de trésors méconnus.

L'église Saint-Martin et ses boiseries du XVIe

Les parties les plus anciennes remontent au XVe siècle. Le chœur du XVIe arbore des boiseries richement ornées selon la Fondation Patrimoine. Les retables baroques du Baptême du Christ et de la Mort de Saint Joseph bénéficient du classement depuis 1926.

L'orgue fait l'objet d'une restauration participative en cours. Les vitraux colorés s'illuminent entre 15h et 17h. Le clocher à dôme impérial domine le vallon. Les dorures et statues polychromes contrastent avec la sobriété extérieure.

La basilique néo-romane de sainte Jeanne-Antide

L'édifice de 1928 honore Jeanne-Antide Thouret, née en 1765 à Sancey-le-Long. Elle fonda l'ordre des Sœurs de la Charité de Besançon après la Révolution française. Pie XI la canonise en 1932, trois ans après sa béatification en 1926.

Sa maison natale se visite sur rendez-vous pour 5 €. Les vitraux retracent sa vie exceptionnelle. Selon l'équipe Explore Doubs : "C'est partir à la rencontre d'une femme au destin unique qui fonda l'Ordre des Sœurs de la Charité."

Entre comté et nains, une journée à Sancey coûte 40 €

Le budget quotidien reste modeste. Chambre d'hôtes : 50 € la nuit. Repas avec saucisse de Morteau et comté AOP : 20 €. Visite de la maison Jeanne-Antide : 5 €. Total : 75 € contre 95 € à Besançon, soit 21 % d'économie.

Les marchés locaux proposent Morbier, Mont d'Or et vins du Jura à prix producteur. Ce village aux trois monuments offre des tarifs comparables. Les randonnées vers les grottes de la Baume et le sentier Sainte-Jeanne restent gratuites.

La meilleure période s'étend de Pâques à octobre. Les températures oscillent entre 8 et 17 °C en automne. Les nains sont visibles, l'affluence reste faible. L'essence coûte 1,80 € le litre pour les trajets depuis Lyon (2h30) ou Paris (4h).

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Quand visiter la cité des nains et les monuments ?

Les nains se découvrent de Pâques à octobre quand la végétation permet l'accès. L'église et la basilique ouvrent toute l'année en visite libre. La maison Jeanne-Antide nécessite un rendez-vous via l'office de tourisme du Pays Sancey-Belleherbe. Évitez l'hiver : neige et températures entre 0 et 6 °C rendent les sentiers difficiles.

Peut-on combiner Sancey avec Belvoir et Besançon ?

Le circuit idéal commence par la citadelle de Besançon le matin (17 €), continue à Sancey l'après-midi (gratuit), puis Belvoir le soir. Les halles médiévales du XIVe et le château se situent à 2 km. Distance totale inférieure à 70 km. Ce château historique complète parfaitement l'excursion culturelle.

Les nains de Sancey rivalisent-ils avec les villages alsaciens ?

L'approche diffère totalement. L'Alsace développe une tradition commerciale autour de Hansi et des marchés de Noël. Sancey préserve une création communautaire artisanale non marchande. Avantage majeur : gratuité totale, authenticité préservée sans boutiques souvenirs, 90 % de touristes en moins qu'à Colmar ou Riquewihr. L'atmosphère de "secret partagé" reste unique en Franche-Comté.

Le soir descend sur Sancey. Les derniers rayons dorent les toits rouges du vallon. Dans la cité secrète, un nain barbu semble sourire depuis sa niche de pierre. Les cloches de Saint-Martin sonnent sept coups. Une odeur de saucisse morteau monte d'une cuisine voisine. Gardien silencieux d'un double mystère que 1 393 âmes protègent depuis 1926.