Ce village cache un bassin de 8 à 10 mètres où la Conie devient pérenne

À Nottonville, la Conie ne se laisse pas comprendre d’un seul regard. Il faut suivre l’eau jusqu’à la Goure de Spoy, là où le cours devient plus sombre, plus profond et plus continu. Ce bassin de 8 à 10 mètres marque l’endroit précis où la rivière prend enfin son caractère pérenne.

Vous venez ici pour voir une naissance, pas seulement un paysage.

8 à 10 mètres sous la surface : l’endroit où la Conie change de nature

La Goure de Spoy se trouve sur la commune de Nottonville, au sud de la ferme de Spoy. Les eaux venues des deux vallées de la Conie s’y rassemblent dans un bassin profond, avant de poursuivre leur chemin vers l’aval.

En amont, les deux Conies restent intermittentes. L’une arrive de Varize, l’autre passe par Pontault et La Chenardière, puis leurs eaux se rejoignent dans ce creux qui ressemble moins à une simple mare qu’à une réserve naturelle. Je préfère ce détail au spectaculaire : il faut regarder le mouvement de l’eau pour comprendre le lieu.

À partir de la Goure, la Conie devient pérenne et mérite pleinement son nom de rivière, avant de rejoindre le Loir. La profondeur reste difficile à imaginer depuis la berge. Vous voyez une eau calme, mais le relief caché sous sa surface raconte une tout autre histoire.

Du prieuré du Bois à la Conie, Nottonville garde plusieurs visages

Nottonville ne se résume pas à son bassin. Le bourg se trouve au bord de la Conie, tandis que le hameau du Bois conserve le prieuré de l’abbaye du Bois, fondé en 1073. Son portail fortifié ouvre sur une cour entourée de bâtiments anciens.

Deux tours, des meurtrières et la trace d’un pont-levis donnent à l’entrée une allure défensive. Le logis prioral remonte au XVe siècle, avec une charpente décrite comme un bateau inversé. Vous passez alors de l’eau profonde à la pierre épaisse, sans quitter la même commune.

L’église Saint-Pierre se trouve dans le bourg, près de la rivière. Cette proximité entre l’édifice religieux et la Conie donne une lecture simple de Nottonville : l’eau structure le paysage, tandis que les bâtiments anciens en gardent la mémoire. C’est le contraste que je trouve le plus réussi ici.

780 habitants en 1856 : le passé rural derrière les berges

Nottonville a connu son maximum démographique en 1856, avec 780 habitants. Le chiffre donne une autre échelle au village actuel, sans réduire son histoire à une courbe de population.

Les lieux-dits racontent cette ancienne organisation rurale. Le Bois s’installe sur le plateau, Pontault accompagne l’un des bras de la Conie, et Secouray complète le réseau de hameaux. Vous avancez ainsi dans un paysage dispersé, où la rivière relie davantage les lieux qu’elle ne les sépare.

Pontault a connu un important incendie en 1890, qui détruisit la localité et fit plusieurs victimes. Cette histoire assombrit le parcours, mais elle rappelle aussi que les hameaux ne sont pas de simples noms sur une carte. Je préfère cette mémoire concrète aux récits trop lisses sur les villages ruraux.

À Nottonville, le repère est la ferme de Spoy, pas une grande ville

Nottonville se situe dans l’arrondissement de Châteaudun, au sud-est de l’Eure-et-Loir, en Centre-Val de Loire. Pour chercher la Goure, le repère local à retenir est la ferme de Spoy : le bassin se trouve au sud de celle-ci.

Le bourg et la Conie forment le fil naturel de la visite. Le prieuré du Bois ajoute une halte patrimoniale, tandis que les hameaux permettent de comprendre la géographie éclatée de la commune. Je vous conseille de conserver le nom exact de la Goure de Spoy, car c’est lui qui mène au phénomène recherché.

La Conie coule-t-elle toute l’année ?

Oui, à partir de la Goure de Spoy, la Conie devient pérenne. Les deux cours situés en amont sont intermittents, puis leurs eaux rassemblées alimentent durablement le cours aval. C’est le point à observer lorsque vous arrivez sur place.

Peut-on se baigner dans le bassin ?

La Goure est décrite comme un bassin profond de 8 à 10 mètres, lié à la naissance pérenne de la Conie. Aucune information ne présente le lieu comme un site de baignade aménagé. Je le regarderais donc comme un phénomène d’eau et de relief, avec prudence depuis la berge.

À la Goure de Spoy, la surface paraît tranquille. Pourtant, deux vallées viennent y déposer leur eau avant de repartir vers le Loir. Un bassin profond, une rivière qui commence vraiment.

La scène reste discrète, mais elle s’imprime longtemps.