Ce village borde une forêt, troisième d’Europe, où vivent 2 380 espèces de coléoptères
La lumière accroche les arcades, puis les ruelles descendent vers la vallée de la Vère. À Castelnau-de-Montmiral, dans le Tarn, le regard passe des façades anciennes aux lisières boisées qui ferment l’horizon.
Le village borde la forêt de Grésigne, et c’est là que l’escale prend une autre dimension. Dans ses chênes vivent 2 380 espèces de coléoptères recensées, un abondance discret que l’on ne devine pas en arrivant sur la place.
2 380 coléoptères dans la forêt de Grésigne, derrière les murs de Castelnau-de-Montmiral
La forêt de Grésigne occupe le nord de la commune, de l’autre côté de la Vère. Elle se place au troisième rang européen pour le nombre absolu de coléoptères, derrière Fontainebleau et la réserve de Bialowecja.
Le chiffre donne le vertige, mais le spectacle reste minuscule. Il suffit d’imaginer l’épaisseur des troncs, les feuilles sèches et les recoins sombres où cette vie échappe presque entièrement au promeneur.
Cette forêt fait partie de deux sites Natura 2000, dont la forêt de la Grésigne. Vous ne venez pas y chercher un musée à ciel ouvert, mais une présence végétale qui change la façon de regarder le paysage depuis le village.
Depuis 1222, la bastide regarde la vallée de la Vère
Castelnau-de-Montmiral aurait été fondée vers 1222, sous Raymond VII, comte de Toulouse. La bastide domine la vallée depuis son piton calcaire, avec le vignoble gaillacois et la forêt dans le même champ de vision.
La place des Arcades retient longtemps les pas. Les maisons mêlent pierre, brique et pans de bois, autour d’un puits et d’un ancien pilori, tandis que les passages en pente ramènent vers les remparts.
Trois portes subsistent. Elles donnent à la balade un rythme plus dense que celui d’un simple tour de village, surtout lorsque les perspectives s’ouvrent soudain sur les arbres et les vignes.
L’église Notre-Dame-de-l’Assomption conserve la Croix reliquaire des Comtes d’Armagnac, pièce d’orfèvrerie religieuse médiévale. Ici, l’histoire n’est pas enfermée dans une vitrine lointaine, elle se glisse entre une porte de rempart et la fraîcheur d’une église.
Combien de temps faut-il prévoir sur place ?
Prévoyez entre 2 et 4 heures pour marcher dans les ruelles, passer par l’église et vous arrêter devant les panoramas. Ce format convient très bien à une halte lente, sans chercher à remplir la journée à toute vitesse.
À 30 km d’Albi, une halte entre bastide et lisière
Castelnau-de-Montmiral se trouve en Occitanie, dans le Tarn, entre Albi et Montauban. Le village est à environ 30 km à l’ouest d’Albi, et à 12 km de Gaillac.
La visite se fait à pied, la place centrale étant sans voitures. Le stationnement est gratuit à proximité, ce qui évite de transformer l’arrivée en longue recherche dans les ruelles.
Un marché de producteurs est annoncé chaque mardi matin, de 8 h à 12 h 30, sur la place des Arcades. Le reste du temps, le village garde une allure plus silencieuse, avec les façades qui prennent la lumière et les ouvertures vers la vallée.
Peut-on prolonger la visite autour de Castelnau-de-Montmiral ?
Oui, la bastide peut servir de point de départ à une journée vers Puycelsi et Penne, avec une étape dans le Gaillacois. Mais Castelnau-de-Montmiral mérite déjà qu’on lui laisse du temps, ne serait-ce que pour voir la forêt de Grésigne apparaître au loin.
Au bord des arcades, les voix s’éloignent vite dans les rues inclinées. Plus loin, la forêt garde ses 2 380 espèces hors de vue, sous les feuillages.