À 5 km du Touquet, ce plan en étoile de 1914 cache une forêt de 800 hectares

La forêt de pins centenaires défile. L'air marin se mélange à la résine. Soudain, les avenues rayonnent comme des branches d'étoile vers la mer.

Stella-Plage cache un secret géométrique unique sur la Côte d'Opale. Cette station balnéaire de 5 000 habitants permanents possède l'unique plan urbanistique radioconcentrique d'une station côtière française. Conçu en 1914 par Charles Plumet, futur architecte des Arts Décoratifs de Paris, ce lotissement en forme d'étoile révèle une ambition architecturale rarissime.

Le plan en étoile : une géométrie unique sur la côte d'Opale

Depuis la place centrale face à la mer, six avenues rayonnent vers l'intérieur des terres. Les voies concentriques dessinent des cercles parfaits autour du cœur de Stella-Plage. Cette géométrie radioconcentrique s'inspire du plan de Cabourg, mais Charles Plumet l'adapte à la topographie dunaire.

En 1914, les investisseurs parisiens Edmond Labrasse et Victor Poulain imaginent l'un des plus vastes lotissements balnéaires de France. 350 hectares de dunes sauvages se transforment en station climatique officielle dès 1921. Le nom « Stella » évoque cette étoile architecturale qui brille encore aujourd'hui.

La Première Guerre mondiale interrompt le projet. La construction reprend en 1919 avec 15 derniers lots vendus 500 francs chacun. L'inauguration officielle du 26 août 1925 révèle déjà 70 chalets, l'électricité, un tramway et un casino.

L'histoire cachée : de 1914 à la renaissance d'après-guerre

La fondation Belle Époque interrompue (1914-1925)

En 1939, environ 300 constructions occupent le lotissement stellaire. Des villas éclectiques aux influences anglo-normandes s'alignent le long des rayons géométriques. Les toitures complexes et les pans de bois témoignent de l'ambition Belle Époque du projet initial.

Une colonie de vacances RATP ouvre en 1934, financée par le comité d'entreprise. La digue est inaugurée la même année après un an de travaux. Stella-Plage attire déjà les familles parisiennes vers cette alternative au Touquet voisin.

Vidéo du jour

La destruction et la résilience (1944-1950)

La Seconde Guerre mondiale ravage presque entièrement la station. Seule une dizaine de villas survit aux bombardements. Seules deux constructions demeurent parfaitement intactes sur les 300 bâtiments d'origine. Le plan en étoile résiste miraculeusement à la destruction.

La reconstruction des années 1950 preserve cette géométrie unique. Les stations balnéaires du Nord partagent cette renaissance architecturale d'après-guerre. En 1973, le tournage des « Valseuses » apporte une renommée cinématographique inattendue.

L'église-dôme de 1958 : le secret acoustique des pins

Une architecture singulière sur monticule

Au cœur de la forêt centenaire, un dôme à pans émerge sur un monticule artificiel. Cette église de 1958 contraste avec les pins plantés en 1855 par Jean-Baptiste Daloz. L'architecte moderniste dialogue avec la nature Belle Époque préservée.

L'acoustique remarquable de ce dôme attire musiciens et mélomanes. Des concerts de qualité résonnent sous cette voûte géométrique. Comme d'autres destinations côtières accessibles, Stella cultive ses atouts culturels méconnus.

Les sentiers cachés et la forêt historique

Le sentier des Violettes serpente entre les pâturages où paissent chèvres et moutons. Le sentier des Dunes révèle l'espace protégé qui entoure la station. Un circuit historique de 100 ans d'histoire connecte villas remarquables et vestiges architecturaux.

La forêt de pins s'étend sur 800 hectares plantés en 1855. Cette initiative gouvernementale visait à stabiliser les dunes mobiles. Quarante ans avant la fondation officielle, Jean-Baptiste Daloz créait déjà l'écrin végétal de Stella-Plage.

Stella vs Le Touquet : l'alternative familiale à 5 km

Le Touquet règne en « Reine de la Côte d'Opale » à seulement 5 km. Stella-Plage assume son rôle de « deuxième fille cucquoise » avec 5 000 habitants permanents contre 30 000 en été. Cette station privilégie l'authenticité familiale au prestige mondain.

La réputation locale tient davantage aux petits restaurants et à la longue plage de sable fin qu'au patrimoine architectural. Comme les ports méconnus près de destinations prestigieuses, Stella offre une expérience plus intime.

Le cordon de sable fin court sans discontinuer sur plusieurs kilomètres avec le Touquet et Merlimont. Les adeptes du char à voile profitent des mêmes conditions côtières favorables. Cette alternative économique séduit les familles recherchant l'authenticité.

Vos questions sur Stella-Plage,Plage,Hauts-de-France répondues

Quelle est la meilleure période pour visiter Stella-Plage ?

Mai-juin et septembre offrent l'accès aux sentiers dunaires sans les 30 000 visiteurs estivaux. Les concerts dans l'église-dôme ont souvent lieu en saison culturelle automne-printemps. La température de l'air atteint 24°C en juillet, l'eau culmine à 19°C.

Stella-Plage conserve-t-elle son architecture Belle Époque originale ?

La destruction quasi-totale de 1944 a effacé 298 constructions sur 300. Seules deux villas demeurent intactes depuis l'origine. La station reconstruite dans les années 1950 preserve uniquement le plan en étoile exceptionnel. Quelques villas éclectiques subsistent le long des voies rayonnantes.

En quoi Stella-Plage diffère-t-elle du Touquet ?

L'ambiance familiale et les prix modérés contrastent avec le prestige touquettois. Stella privilégie authenticité, nature dunaire protégée et patrimoine géométrique unique. L'accès à la même plage de sable fin se fait sans la densité touristique de sa voisine prestigieuse.

Le soir, depuis le centre de l'étoile, les voies rayonnent vers la mer comme une constellation tombée sur le sable. Les pins centenaires murmurent l'histoire de cette géométrie unique. L'église-dôme attend son prochain concert sous la lune de la Côte d'Opale.