À 17 km de Clermont-Ferrand, ce lac de 1 m de profondeur disparaît parfois entièrement sans explication

14 hectares d’eau qui disparaît. Le lac de la Cassière, à 17 km de Clermont-Ferrand, mesure en moyenne 1 mètre de profondeur. Parfois, il n’en reste presque plus rien. Personne ne sait pourquoi.

8 400 ans de stabilité, puis le vide sans prévenir

Le lac s’est formé il y a 8 400 ans, quand les coulées de lave du puy de la Vache et du puy de Lassolas ont barré un petit affluent de la Veyre. La même éruption a créé le lac d’Aydat, son voisin à 3 km au sud. La Cassière est plus petit, plus discret, et beaucoup plus étrange.

Sa superficie officielle est de 0,14 km² soit 14 hectares. Il culmine à 861 m d’altitude. Les propriétaires privés qui le détiennent l’ont vu se vider plusieurs fois de leur vivant. Entre les deux guerres mondiales, le lac a frôlé l’assèchement total. Puis au début des années 1990, rebelote. Le phénomène dure des mois, parfois des années. Les scientifiques n’ont pas d’explication.

La profondeur moyenne de 1 mètre rend le lac vulnérable à la moindre variation. Même à son maximum, il ne descend que 5 mètres selon Wikipédia, 7 mètres selon Wikidata. La différence entre les deux sources dit assez la difficulté à mesurer un plan d’eau qui change de volume sans crier gare.

1 mètre de profondeur et des poissons qui survivent à l’assec

Le lac est interdit de baignade. La pêche, elle, est autorisée et active. Brochet, gardon, perche commune, sandre, carpe, truite commune et arc-en-ciel, tanche, ablette, poisson-chat, silure glane, goujon, perche soleil, achigan à grande bouche et écrevisse américaine peuplent ces eaux instables. On peut faire le tour du lac à pied.

L’eutrophisation menace le même équilibre précaire. Les algues et les renoncules aquatiques prolifèrent, nourries par les nitrates issus de la pollution organique. Le lac voisin d’Aydat connaît le même problème. Les deux frères volcaniques partagent leurs naissances, leurs mystères et leurs dégradations.

Depuis Clermont-Ferrand en 17 km : l’accès et le moment où le lac est là

Le lac se trouve sur la commune d’Aydat, à côté du village de La Cassière. 17 km séparent le plan d’eau de Clermont-Ferrand, 3 km du lac d’Aydat. L’accès est possible toute l’année. En hiver, avec un enneigement suffisant, les raquettes remplacent les chaussures de randonnée.

Le GR30 traverse le village et grimpe sur la Montagne de la Serre. De là-haut, le regard embrasse les deux lacs, la Chaîne des Puys et le Massif du Sancy. C’est le point de vue que les habitués privilégient.

Peut-on prévoir si le lac sera plein ou vide ?

Non. Les assèchements observés entre les deux guerres mondiales et au début des années 1990 n’ont pas suivi de cycle reconnaissable. Le phénomène est qualifié de « rare mais important » et « inexpliqué » dans les sources. Aucun indice géologique ou météorologique ne permet de le prévoir.

Quelle est la meilleure saison pour tenter sa chance ?

Toute l’année est viable, avec des conditions différentes. L’été offre la balade classique en bordure d’eau. L’hiver, sous la neige, le lac enneigé prend une autre dimension. Les raquettes sont possibles quand l’enneigement le permet. Le lac plein ou le lac vide, chaque état offre un spectacle distinct.

Le lac de la Cassière résiste aux explications. Ses 14 hectares apparaissent et disparaissent selon une logique que personne ne maîtrise. En contrebas de la Montagne de la Serre, le GR30 continue de passer. Les pêcheurs continuent de lancer leur ligne. L’eau, elle, décide seule de rester ou de partir.